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Analyses Fondamentales Futures

 
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par Nos Rédacteurs EMP

Par Myrtille Delamarche (*)  

Malgré la crise qui avait fait chuter la demande l'an dernier, malgré Dubaï qui a passablement affolé les bourses la semaine dernière, le cours du cacao reste ferme et résiste plutôt bien à un canal baissier.

Attention tout de même à la volatilité accrue du marché du cacao qui constitue une valeur refuge contre la tendance inflationniste due à la reprise, et contre la dégringolade des devises dans lesquelles il est libellé.

Les fondamentaux sont excellents
+35% en un an, tant à Londres qu'à New York, +23% depuis début janvier, les cours du cacao n'en finissent pas de grimper.

La demande se maintient à la hausse, notamment en Asie, et les stocks continuent à fondre, au point de faire pencher une partie des fabricants vers des arômes artificiels par manque de matière première !

Selon l'ICCO (International Cocoa Organisation), la production globale de cacao est tombée de 3 718 millions de tonnes en 2007-2008 à 3 456 Mt en 2008-2009, soit en glissement annuel une chute de 7%.

En outre, les courtiers n'ont pas encore observé l'habituel accroissement des achats pré-Noël, ce qui augure d'un soutien supplémentaire à venir.

Côté jardin : la campagne sous haute surveillance
Comme chaque année, tous les regards sont tournés vers la Côte-d'Ivoire, le jardin cacaoyer mondial (1,2 million de tonnes) où se joue l'approvisionnement.

Pourtant, le premier producteur (43% de la production mondiale) aura tout fait pour motiver ses planteurs, maniant la carotte (un prix bord-champ élevé : 950 FCFA le kilo, contre 640 FCFA en moyenne sur la dernière campagne) et le bâton, avec un préfet menaçant de brûler publiquement les récoltes de mauvaise qualité.

Le vieillissement des vergers pèse sur les prévisions, qui en début de campagne affichaient à nouveau une baisse de 100 000 tonnes par rapport à l'an dernier.

Incertitudes...
Malgré un début de campagne prometteur, les inquiétudes restent donc fortes tant sur la quantité, que la qualité du cacao ivoirien. "Malgré les bons chiffres des arrivages en provenance de Côte-d'Ivoire, les craintes sur le volume total de la récolte en cours et sur ce qu'il adviendra de la deuxième récolte continuent à soutenir les prix, sur un marché qui reste techniquement fort", commente Stephanie Garner, analyste de la maison de courtage Sucden.

L'état réel de la production ivoirienne reste difficile à évaluer, en raison de l'évacuation partielle des fèves vers les pays voisins, l'acheminement étant parfois compliqué par la situation politique.

En embuscade, le Ghana lorgne la place de la Côte-d'Ivoire
Encore loin du niveau de production de son grand frère en déclin, le pays veut profiter de la situation (forte demande, déficit de production). Tony Fofie, directeur du Cocobod (Ghana Cocoa Board), loin de se contenter de la bonne production ghanéenne (710 000 tonnes, contre 650 000 prévues), assure que ce chiffre sera dépassé en 2009-2010, et affiche un objectif d'un million de tonnes en 2012. Soit exactement la barre en dessous de laquelle la Côte-d'Ivoire pourrait passer dans deux ans si le déclin n'était pas endigué.

Des achats cumulés de cacao sont en hausse de 165%
Et c'est bien parti : pour les trois premières semaines de la saison, les achats cumulés de cacao sont en hausse de 165% par rapport à la même période l'an dernier. Encore faudra-t-il que la pluie soit au rendez-vous...

Le prix d'achat au producteur a, là aussi, été largement augmenté cette année : +35%, à 2 208 cedis (monnaie du Ghana) la tonne. Et pour assurer le financement de la campagne ghanéenne, un montage original a été expérimenté cette année : la Banque africaine de développement a entraîné dans son sillage les banques commerciales, provoquant un intérêt renouvelé pour ce véhicule d'investissement.

1,2 milliard de dollars de financement pour le cacao ghanéen
La Standard Chartered, chargée de placer ce prêt sur les marchés, a reçu des offres de souscription pour 1,7 milliard de dollars, alors que le Cocobod recherchait un milliard. Le Ghana a finalement signé un accord sur le financement de sa campagne à hauteur d'1,2 milliard, le 25 septembre, sous la forme d'un prêt syndiqué auprès de quatre banques : Ghana International Bank, Natixis, Société Générale et Standard Chartered.

Dominique Fraisse de Natixis justifie l'investissement de sa banque par le "rendez-vous historique entre un acteur performant de l'économie réelle, le Ghana Cocoa Board, et une communauté bancaire en quête de valeurs sûres et de rentabilité raisonnable".

Ailleurs ?
Au Nigeria, la production semble s'améliorer avec l'arrivée de l'harmattan.

Le Cameroun, cinquième producteur mondial, vient de passer la barre symbolique des 200 000 tonnes.

Et l'Indonésie souffre des phénomènes climatiques type El Ninõ.

Côté cours : fermeté à court-terme et haute volatilité
Sur le LIFFE, la tonne de cacao pour livraison en mars valait 2 159 livres sterling vendredi 27 novembre en fin de journée, contre 2 190 livres pour l'échéance de décembre une semaine plus tôt à la même heure. Une belle résistance dans la conjoncture actuelle.

Sur le NYBOT, le contrat pour livraison en mars valait 3 256 dollars contre 3 310 dollars vendredi dernier.

"Depuis fin août, il existe un regain d'intérêt pour les marchés risqués et donc pour les matières premières agricoles", souligne dans Le Figaro Vincent Geiger, courtier chez New Edge. "Elles bénéficient de l'attrait des fonds, car elles représentent un bon rempart contre les tensions inflationnistes dans un scénario de reprise et une bonne couverture sur le marché des changes. Les devises dans lesquelles elles sont libellées, le dollar et la livre, se sont écroulées."

Nombreux sont ceux qui avaient parié sur l'hypothèse d'un éclatement de la bulle du cacao à cause de la baisse de la demande cette année. Les gagnants sont ceux qui ont eu le courage de tenir leur position, et la recommandation positive devrait tenir au moins la période des fêtes.

Pour DailyFutures.com, le trend reste haussier mais la volatilité du marché en fait un choix "peu recommandé aux personnes fragiles du coeur"...

Vous pouvez retrouver Myrtille Delamarche sur son site internet Marchés Tropicaux.
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