L’entreprise de grande distribution Albertsons, qui domine avec Wal-Mart (NYSE:WMT) et Kroger le marché américain de l’alimentaire, a publié des résultats trimestriels teintés de rouge ce lundi. Sur le marché secondaire, l'obligation remboursable dans huit ans est orientée à la baisse.
Au terme des douze semaines clôturées le 9 septembre dernier, la chaine d’épicerie a vu ses ventes et revenus se replier de 0,2% à 13,83 milliards de dollars, et sa perte se creuser à 355 millions de dollars, contre 238,1 millions un an plus tôt.
La société précise que les ventes à magasins comparables ont décliné de 1,8% en glissement trimestriel, impactées par une inflation trop faible qui ne pousse pas suffisamment à la hausse les prix des produits vendus.
On retiendra toutefois que le groupe, qui souffre au même titre que les autres distributeurs de la concurrence de l’e-commerce et d’Amazon (NASDAQ:AMZN) en particulier, a augmenté de 19% son activité de vente en ligne. Elle compta à ce titre doublé d’ici à la fin de l’année le nombre de ses magasins offrant la possibilité de retirer des commandes réalisées en ligne.
Côté actualité, Albertsons a annoncé dernièrement le rachat du spécialiste des services de livraison de repas Plated pour un montant non dévoilé.
Actifs dans 33 Etats
Basée à Boise dans l‘Idaho, Albertsons Companies Inc. se présente sur son site internet comme l’une des plus grandes chaînes de magasins et de pharmacies aux États-Unis.
Il y a une dizaine d’années, l'entreprise avait fait l’objet d’un rachat de la part de la société de private equity Cerberus Capital Management, via une opération de type LBO. Pour rappel, un « Leveraged buy out » est un montage qui permet à l’acheteur (Cerberus Capital Management dans le cas présent) de réaliser son acquisition en endettant la société cible (Albertsons). Les bénéfices et les cash-flows de cette dernière servant à rembourser la dette obligataire et bancaire qu’elle a contractée.
En 2014, le fonds d'investissement américain prenait également le contrôle de la chaine d’épicerie Safeway pour plus de neuf milliards de dollars, espérant ainsi éliminer une grande partie de la concurrence. L’opération avait une nouvelle fois été financée par de la dette, pour un montant de 7,6 milliards de dollars, ce qui n’avait pas manqué d’augmenter l’endettement du nouvel ensemble Albertsons/Safeway et de détériorer sa qualité de crédit.
Le rating des sociétés fusionnées en avait d’ailleurs fait les frais, rétrogradé en catégorie spéculative, contre une note de « bonne qualité » précédemment.
L’an dernier, le chiffre d’affaire de l'ensemble du groupe, qui emploie quelque 273.000 personnes et sert en moyenne 34 millions de clients chaque semaine, a atteint 59,7 milliards de dollars. Il est actif dans une trentaine d’Etats sous l’enseigne Albertsons et Safeway, ainsi que de nombreuses petites chaînes de supermarchés totalisant 2.300 magasins, 380 stations-services, 27 centres de distribution et 18 installations de fabrication.
8% de rendement annuel
Société non-cotée, Albertsons est présente sur le marché secondaire au détour notamment d’une obligation remboursable en 2025 et rémunérée par un coupon fixe de 5,75%. Cette obligation est orientée plutôt à la baisse depuis la publication trimestrielle de l’entreprise. Il faut compter sur un cours indicatif de 88,25% du nominal, ce qui porte son rendement annuel à 8,05%.
De type senior non-sécurisé, cet emprunt de 1,25 milliard de dollars est noté dans la catégorie des obligations à haut rendement chez Standard & Poor’s, l’agence lui attribuant un rating spéculatif « B+ ».
Comme l’indique le graphique, le cours de l’obligation a décroché assez violement cet été, dans le sillage de l’annonce du rachat par Amazon de la chaine bio Whole Food Market, et de la décision du géant américain du e-commerce de baisser drastiquement le prix de nombreux produits alimentaires vendus par la chaîne de supermarchés qu’il a acquise en juin.
L’annonce avait alors fait chuter en Bourse la plupart des valeurs de la grande distribution outre-Atlantique mais aussi en Europe.