Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
Le numéro trois mondial du secteur de la communication, Publicis (PA:PUBP) (FR0000130577), se réveille enfin en Bourse.
▶ Publicis fait mieux que les prévisions
En effet, il vient de reprendre plus de 6% à la faveur d’une publication trimestrielle très encourageante. Son chiffre d’affaires a progressé de 1,6% en organique sur le T1 2018, là où les analystes attendaient une hausse de seulement 0,9%.
Mais plus intéressant encore, cette croissance n’inclut pas encore les budgets gagnés ces derniers mois, c’est-à-dire Daimler (DE:DAIGn), Campbell, Marriott (NASDAQ:MAR) ou encore Carrefour (PA:CARR).
▶ Après des années compliquées, Publicis s’améliore (enfin)
Cela veut dire que la croissance organique devrait accélérer sur le second semestre 2018 avec l’intégration de ces quatre clients. De ce fait, il est possible de tabler sur une hausse de l’ordre de 1,8% sur la seconde partie de 2018. Cela ferait de cet exercice un cru plus que convenable après des années compliquées.
▶ Publicis pourrait profiter du coup de mou de WPP
Le groupe français pourrait également profiter des déboires du Britannique WPP (JE00B8KF9B49), le numéro un mondial de la communication, qui vient de perdre son président emblématique Martin Sorrell. Le départ de celui qui régnait depuis 33 ans sur le groupe est un sérieux coup dur. En effet, Martin Sorrell était l’âme de l’entreprise avec une personnalité bien affirmée. Les raisons qui l’ont poussé à partir sont assez floues. La société qui nous avait habitués à l’excellence baigne actuellement dans un climat plutôt médiocre.
En effet, en 2017, WPP a par exemple signé sa plus mauvaise performance annuelle depuis la crise financière avec notamment un repli de 17,5% de son bénéfice opérationnel. Les investisseurs boudent le titre, en recul de plus de 33% en un an. Si bien que certains tablent déjà sur une OPA sur le groupe anglais dont la capitalisation n’est plus que de 17 milliards d’euros.
▶ Le secteur communication, profondément modifié par les GAFA et les acteurs technologiques
Les potentiels acquéreurs ne seraient pas à chercher dans le monde de la publicité, mais plutôt dans le monde informatique. Pourquoi ? Parce que le secteur a beaucoup évolué. L’émergence des GAFA mais également d’acteurs technologiques, désireux de maîtriser toute la chaîne de valeur, ont profondément modifié le paysage dans le secteur de la communication.
▶ La transformation digitale des entreprises, un segment très porteur
Il ne serait pas surréaliste de voir par exemple un Accenture (NYSE:ACN), un Capgemini (PA:CAPP) voire un Atos (PA:ATOS) s’intéresser aux acteurs du secteur. En l’espace de quelques années, Accenture (IE00B4BNMY34) via Accenture Digitale est devenu un grand spécialiste de la transformation digitale des entreprises, faisant passer son chiffre d’affaires dans son entité de 0 à 6 milliards d’euros. Et sa politique de croissance externe a été marquée en France par l’acquisition, il y a tout juste un an, d’Octo Technology (PA:ALOCT), un cabinet de conseil spécialisé dans la transformation digitale. Tout laisse supposer que ces acquisitions vont continuer dans le secteur, touchant notamment l’Europe. [La transformation digitale est un segment porteur et prometteur. Je m’y intéresse notamment dans mes Valeurs de Croissance. Si vous ne voulez pas rater le train en marche, cliquez ici pour en savoir plus]
▶ Publicis, une cible potentielle ?
Bien sûr, Publicis fait également figure de cible dans la mesure où sa capitalisation boursière n’est que de 13,5 milliards d’euros, la plaçant ainsi au 32e rang au sein du CAC40. Et son tour de table reste assez atomisé avec par exemple Elisabeth Badinter, fille du fondateur du groupe Marcel Bleustein-Blanchet avec 7,4% des actions devant Harris Associates avec 5,6% et BlackRock (NYSE:BLK) avec 4,7%. L’action, même si elle vient de reprendre du terrain depuis quelques jours, n’est pas encore trop chère avec notamment un PER de 12 aux cours actuels.
▶ Publicis devra faire mieux, si elle veut vraiment briller
Elle pourrait continuer sa reprise technique au cours des prochaines semaines, mais pour qu’elle retrouve un cours au-dessus des 77€ – soit un plus-haut de cinq ans – il faudra plus qu’une simple amélioration de la croissance organique.