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Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
L’absence de rebond vendredi à Wall Street, malgré le sursaut assez surréaliste de 40 points du CAC40 en 5 minutes vendredi en clôture, est assez inquiétant.
Les allègements de précautions et les liquidations brutales se sont poursuivies outre-Atlantique, avec un Dow Jones qui a dévissé de 3% sur la semaine, tandis que le S&P500 et le Nasdaq ont fait encore pire, en cédant respectivement 4 et 3,8%.
Ce dernier a de surcroît inscrit vendredi un nouveau plus bas annuel à 7 057 points, et ce malgré la publication de résultats meilleurs que prévu dans 77% des cas, soit un pourcentage de bonnes surprises comparable à celui du deuxième trimestre, avec qui plus est un taux de croissance des bénéfices record de 22,5%.
Sauf que l’effet de ravissement découlant d’attentes presque systématiquement minorées par les analystes ne fonctionne plus ! Le sentiment qui domine est que les mauvaises surprises continuent de l’emporter sur les bonnes, avec des sanctions impitoyables en cas de déception sur les bénéfices par action (BPA, « EPS » en anglais) et plus fréquemment le chiffre d’affaires.
Il serait temps que les sherpas interviennent pour démontrer que Wall Street n’est pas devenu un canard sans tête, alors que nombre de commentateurs fustigent désormais Donald (Trump) pour avoir accusé la Fed d’avoir perdu la sienne. Le président américain a peut-être raison sur le fond, mais il a tort sur le timing : si la Réserve fédérale est devenue « folle », cela ne date pas d’hier et c’est en effet une pure folie d’avoir maintenu des taux si bas si longtemps… et de les maintenir encore à 200 points de base sous le taux de croissance officiel, ce qui a engendré la plus grosse bulle de dette (et de tout le reste) de l’histoire !
▶ Ancienne présidente de la Fed, Janet Yellen tire la sonnette d’alarme
Et qui a joué les lanceurs d’alerte en cette fin de mois d’octobre ? Janet Yellen, l’ex-patronne de la Fed, qui dans les colonnes du Financial Times a dénoncé la dérégulation du secteur financier menée par Donald Trump et déploré que les leçons du krach de 2008 n’aient pas été retenues.
Le creusement de l’endettement compromet il est vrai la capacité de l’État à prendre des mesures budgétaires de soutien à l’économie en cas de récession.
La prédécesseure de Jerome Powell est certes devenue coutumière de ce genre de sorties, elle qui avait tenu des propos comparables fin novembre 2017 (alors qu’elle était encore à la tête de la Fed), tandis que sa collègue Loretta Mester (Fed de Cleveland) reprenait fin avril presque mot pour mot les arguments de son ex-responsable, soulignant que l’administration Trump avait fait adopter des mesures de relance fiscales qui vont creuser le déficit budgétaire de 1 600 Mds$ sur dix ans au nom d’un avenir que le locataire de la Maison-Blanche nous prédit radieux…
En attendant, la Fed se doit d’assurer le refinancement de la dette dans un monde où les liquidités se font rares ; et de ce côté de l’Atlantique, l’Italie est l’autre grosse demandeuse de capitaux avec sa dette de 2 300 Mds€ et une austérité qui assombrit son avenir d’année en année.
Nos voisins iront droit dans le mur si Bruxelles va au bout de sa stratégie de déstabilisation (voire de torpillage) du gouvernement de Giuseppe Conte. Tout le monde le sait, un Etat comme l’Italie ne peut pas faire faillite, mais ses créanciers peuvent potentiellement se faire rincer en cas de restructuration désordonnée.
Or, le principal, le plus exposé d’entre eux, n’est autre que la BCE !
Les investisseurs ne veulent pas croire à un scénario extrême, mais ce sont les cambistes qui auront le dernier mot. Et si l’euro enfonce le plancher des 1,1350$, ce sera un sérieux avertissement envoyé à Bruxelles d’arrêter de jouer avec le feu dans le dossier italien…
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