Dirigée par son PDG, Elon Musk, la société est depuis longtemps suffisamment importante pour être incluse dans le S&P 500 qui requiert une capitalisation boursière minimale de 8,2 milliards de dollars.
Néanmoins, la société fut rejetée en septembre et, bien qu'elle ait rempli les critères d'inclusion au sein de l'indice, le comité ne l'a pas sélectionnée étant donné que les sociétés doivent déclarer quatre trimestres consécutifs de bénéfices tels que déterminés par les principes comptables généralement acceptés (GAAP) des États-Unis.
Cette condition est désormais remplie puisque Tesla a récemment annoncé son quatrième trimestre consécutif de bénéfices pour des ventes de 8,77 milliards de dollars au troisième trimestre et a également déclaré avoir livré 139 300 véhicules au troisième trimestre, établissant ainsi un nouveau record pour la société.
Une nouvelle question se pose alors, celle de savoir si la valeur marchande de Tesla, qui s'élève à environ 387 milliards de dollars, n'en ferait pas une composante majeure du S&P 500, pouvant faire basculer l'indice.
Il reste à voir comment cette entreprise de 400 milliards de dollars s'insérera dans un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière dans lequel elle fera ses débuts parmi les dix premières actions.
D'un point de vue stratégique, il serait plus raisonnable de regrouper les actions de Telsa en plusieurs tranches afin d'éviter des distorsions de prix à court terme. Standard & Poors lui- même a déclaré que Tesla "va donc générer l'une des plus grandes opérations de financement de l'histoire du S&P 500", ce qui justifie une grande prudence.
Est-il temps d'acheter ou de vendre les actions de Tesla lorsqu'elle fera ses débuts dans le S&P 500 ?
Pour ce faire, nous allons observer quelques éléments clés.
Le principal argument en faveur de Tesla ne doit pas être l'inclusion dans l'indice, mais plutôt la dernière case cochée pour entrer dans le S&P 500, à savoir les quatre trimestres consécutifs de rentabilité.
Les premières critiques adressées à Tesla étaient qu'elle n'était pas du tout rentable et que sa valeur était largement surévaluée étant donné qu'elle fonctionnait davantage comme un fabricant et non comme une valeur technologique.
Aujourd'hui, ses opposants ne peuvent plus avancer cet argument.
Par ailleurs, les analystes de Wall Street sont arrivés à un consensus sur les projections de bénéfices pour l'exercice 2021, qui s'élèvent actuellement à 3,92 dollars par action, soit près de 60 % de plus que pour l'exercice 2020 et les revenus attendus augmenter de plus de 40 %. Cette action est en croissance et les chiffres sont vraiment impressionnants pour appuyer cette performance.
Les résultats sont d'autant plus encourageants puisque Tesla a largement répondu aux attentes exprimées par Wall Street concernant son déploiement en Chine. La société a reçu les autorisations nécessaires pour la production de voitures en Chine depuis un an seulement, et domine déjà le marché.
En effet, leur modèle 3 a connu des ventes plus importantes en juillet que les trois autres véhicules électriques concurrents réunis. Son importante présence aux États-Unis et sa pénétration rapide dans ce marché international clé donnent des raisons d'être optimiste quant à l'avenir.
Plus important encore, la montée en puissance à Shanghai permet d'atteindre l'objectif ambitieux de 500 000 véhicules fixé par le PDG Elon Musk, un exploit étonnant compte tenu du fait que cette estimation a été publiée en janvier, soit avant les perturbations dues aux coronavirus qui ont fait exploser les prévisions relatives aux consommateurs et à la chaîne d'approvisionnement de nombreuses entreprises.
Toutefois, il existe certains obstacles à surmonter par Tesla.
Le fait que l'entreprise soit importante ne signifie pas que ses actions ne sont pas surévaluées. En réalité, il est intéressant de constater que les actions Tesla sont surévaluées d'environ 184% par rapport à leur valeur réelle, soit 143$, alors que la valeur actuelle de ces actions se situe aux alentours de 410$.
Ceci est d'autant plus vrai que cette entreprise est très endettée. Le niveau d'endettement élevé par rapport à ses revenus et ses performances globales ne sont pas comparables à ceux observés dans d'autres entreprises du secteur. En outre, Tesla est une entreprise relativement jeune dans le domaine de l'industrie automobile et n'a pas encore réussi à se positionner sur les principaux territoires géographiques.
Le taux d'endettement (ratio dettes/fonds propres) de la société est de 70,4 %, avec une couverture faible du paiement des intérêts insuffisamment couverte par l'EBIT (x2,6). La dette devra être remboursée à un moment donné et cela semble peu probable dans un avenir proche.
D'un point de vue concurrentiel, les géants de l'industrie automobile ont peut-être sous-estimé Tesla, mais ils se sont maintenant réveillés et investissent massivement dans les technologies électriques et numériques.
Tesla règne en maître avec environ 320 000 véhicules électriques vendus en 2020 au mois de septembre. Les grands acteurs ont encore une part de marché considérable et le capital nécessaire pour investir massivement dans les technologies électriques et numériques.
Parmi eux, on trouve la Volkswagen (DE:VOWG_p) VOW3, 0,09% VWAPY, 0,52% qui n'est pas en reste avec 110.000 unités vendues dans le monde mais aussi les deux BMW (DE:BMWG), 0,08% BMWYY, 0,42% et la chinoise BYD 1211, -5,28% BYDDY, -4,98% qui suivent de près avec plus de 100.000 unités chacune.
Finalement, Tesla a été la première entreprise à se lancer sur le marché des véhicules électriques. Mais maintenant, alors qu'elle est plus mature et plus rentable, le défi consiste à repousser la concurrence et à maintenir la domination de la marque et le pouvoir de fixation des prix.
En fin de compte, pour les investisseurs qui croient en l'activité de Tesla et au potentiel à long terme des voitures électriques, la prise de petites positions au sein du capital du constructeur automobile peut s'avérer judicieuse, mais pas dans l'hypothèse d'une hausse des actions à court terme.
Les investisseurs doivent plutôt s'attendre à une volatilité importante et doivent surveiller les performances de l'entreprise, comme ils le feraient pour n'importe quelle autre action de leur portefeuille.
Néanmoins, si le constructeur automobile est en mesure de profiter de l'énorme opportunité de croissance qui s'offre à lui, un investissement dans l'action aujourd'hui pourrait ne se révéler rentable qu'à long terme.