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La première privatisation réalisée au cours de la présidence de Macron est en bonne voie. Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé dans le "Journal du Dimanche" que "sauf en cas de retournement du marché", le lancement de la Française des Jeux (FDJ), opérateur de loterie très rentable, débutera le 7 novembre.
Une opération que le gouvernement a l'intention de transformer en une opération majeure d'actionnariat populaire.
"Le public et les investisseurs français pourront souscrire des actions FDJ entre le 7 et le 20 novembre. J'espère que cette privatisation sera un succès populaire et que le plus grand nombre y participera ", explique Bruno Le Maire.
L'État, qui contrôle actuellement 72 % du capital de la FDJ, devrait rester l'actionnaire majoritaire, avec au moins 20 % du capital social total. De plus, selon Stéphane Pallez, PDG de La Française des Jeux, qui prépare activement cette privatisation depuis plusieurs années, le gouvernement entend tirer "plus d'un milliard d'euros" de cette opération sans aucun risque financier.
Plusieurs avantages spéciaux pour les souscripteurs
Bruno Le Maire a refusé de donner un chiffre exact : "Donner un objectif, c'est comme fixer une limite, et je ne veux pas fixer une limite à notre ambition." Il a également précisé que " pour les personnes physiques, sous réserve de validation par l'Autorité des marchés financiers, une action gratuite sera attribuée pour dix actions achetées, sous réserve que ces actions soient détenues pendant dix-huit mois. Je veux aussi qu'un rabais de 2 % soit appliqué sur le prix de chaque action achetée", explique-t-il.
Quatrième loterie mondiale et numéro deux en Europe, la FDJ a collecté 15,8 milliards d'euros de paris en 2018, dont 10,7 milliards ont été redistribués aux joueurs sous forme de prix de loterie (+22% en quatre ans). Le premier semestre de l'année a été un succès pour le FDJ, avec une hausse des paris de 7,2% par rapport à la même période en 2018, soit 8,42 milliards d'euros, tandis que les ventes ont augmenté de 5,2% (à 944 millions d'euros). Au troisième trimestre, l'entreprise a de nouveau enregistré une hausse de 9% de son chiffre d'affaires à 4,12 milliards d'euros, grâce à l'essor des jeux-concours. Elle s'attend à une augmentation de 7% des mises en 2019, et à une augmentation plus modérée de 4 à 5% en 2020. Cet examen a conduit le gouvernement à renouveler récemment le mandat de Stéphane Pallez à la tête de l'entreprise.
Récolter des fonds pour financer l'innovation technologique?
En adoptant la loi sur le Pacte en avril, le Parlement français a ouvert la voie à cette privatisation, qui devait être la première à être lancée par le gouvernement. Il vise à contribuer à un fonds de 10 milliards d'euros dédié à l'innovation "perturbatrice" et risquée, pour laquelle il est plus difficile de trouver des investisseurs privés en raison du temps qu'il faut généralement pour obtenir un retour sur investissement positif.
Un faux argument, ont répondu les opposants à ce projet, surtout à gauche de l'échiquier politique. Selon eux, l'État se privera de dividendes confortables en privatisant la FDJ - 135 millions d'euros par an, dont 90 millions pour l'État - et pourrait facilement financer de futurs investissements par l'émission de nouvelles dettes. En effet, dans les conditions actuelles, l'émission de titres d'emprunt du gouvernement a été bon marché depuis que les taux d'intérêt sont devenus négatifs.
"L'Etat conservera la totalité des recettes fiscales et sociales versées par la FDJ, soit 3,5 milliards d'euros. Ce montant pourrait augmenter si l'entreprise continue de croître", a répondu Bruno Le Maire.
Aéroport de Paris, prochaine privatisation en vue?
Concernant Aéroports de Paris (ADP (PA:ADP)), en revanche, le projet de privatisation de l'autorité contrôlant les aéroports parisiens est bloqué en raison de la campagne actuelle pour un référendum sur une initiative commune. "Aucune décision ne sera prise avant la fin du processus référendaire ", a déclaré Le Maire. Selon les dernières estimations le nombre de personnes demandant un référendum à ce sujet a atteint environ 834.000 jeudi. Un nombre de signatures validées qui augmente, en moyenne, de 2 500 signatures par jour.
Dans une déclaration publiée cette semaine, le Conseil constitutionnel a déclaré que "864 000 votes de soutien ont été enregistrés sur le site Internet du ministère de l'Intérieur consacré à cette procédure".
Pour qu'un référendum sur la privatisation de l'ADP puisse être organisé, 4 717 396 signatures doivent être recueillies d'ici mars. Cela représenterait, en moyenne, 17 000 signatures par jour.
