Effondrement de l’Or: Signe avant-coureur d’un crash généralisé ? Voici comment réagir
DECEPTION. C’est la première réaction des investisseurs au discours de Janet Yellen qui s’attendaient à un ton beaucoup plus accommodant étant donné la forte volatilité des marchés et la dégradation de l’activité économique international. La présidente de la FED a reconnu, comme en septembre dernier, que les risques extérieurs se sont accentués, mais pourtant elle n’a rien renié de sa stratégie de retour à la normale de la politique monétaire amorcée en il y a deux mois. Tout au plus a-t-elle concédé à demi-mot que le rythme d’appréciation des taux pourrait être moins rapide que prévu. L’entêtement de la banque centrale américaine parait difficilement compréhensible vu le contexte. On a l’impression que Janet Yellen a mis des œillères. Il est certainement trop tôt pour affirmer que la hausse des taux de décembre constitue une erreur d’appréciation de la situation économique. On peut toutefois s’accorder sur le fait que la FED aurait tout à fait eu la latitude nécessaire pour augmenter ses taux plus tôt, dès juin dernier, lorsque l’économie était en meilleure santé. Aujourd’hui, la banque centrale aurait pu avoir des taux beaucoup plus élevés, au moins à 1,25%, permettant de réagir si nécessaire en cas de ralentissement durable de l’activité. Au final, la question n’est pas de savoir s’il fallait augmenter les taux mais plutôt de savoir quand il fallait le faire. De mon point de vue, la FED a raté la fenêtre d’opportunité qui existait dès juin 2015.
Les derniers faits marquants :
Voici le passage crucial du discours de Janet Yellen : « Les conditions financières aux Etats-Unis sont devenues récemment moins positives pour la croissance, avec un déclin de grande ampleur du cours des actions, des taux plus élevés d’emprunt pour les emprunteurs les plus risqués et une poursuite de l’appréciation du dollar. Ces évolutions, si elles se révèlent persistantes, pourraient peser sur les perspectives d’activité économique et sur le marché du travail, bien que la baisse des taux d’intérêt à long terme et les prix du pétrole pourraient en limiter l’impact ». TRADUCTION : La FED reconnaît que le panorama économique se dégrade mais elle ne fera pas marche arrière pour autant. Le retour à la normale de la politique monétaire américaine reste la seule voie privilégiée par l’institution.
Le Dollar index évolue proche d’un point bas de trois mois et demi. Cette baisse s’explique par le fait que les investisseurs doutent de plus en plus que la banque centrale américaine puisse augmenter ses taux dans un proche avenir. A en juger par les attentes du marché obligataire, il y aurait seulement 30% de chance qu’un durcissement monétaire ait lieu outre-Atlantique cette année. Les investisseurs jugeant cette hypothèse crédible considère qu’une hausse des taux n’aurait lieu qu’en fin d’année, en décembre.
Sur le front macroéconomique, le panorama ne s’améliore pas. La production industrielle en Europe en décembre dernier a affiché des résultats décevants. Elle a atteint -1,6% en France (consensus à +0,2%), -0,7% en Italie (consensus à +0,3%) et -1,1% au Royaume-Uni (consensus à -0,1%). Cette performance n’augure rien de bon en ce qui concerne l’évolution de la croissance.
À suivre aujourd’hui :
Nouvelle audition de Janet Yellen à partir de 16h. Rien de nouveau à attendre à ce niveau. Tout a été dit hier. La FED maintiendra sa politique monétaire inchangée en mars.
Publication des revendications hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis. Le consensus table sur une baisse des demandes à 281 000 contre 285 000 précédemment.
