Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
Lorsque j’ai commencé à officier au sein des Publications Agora, il y a maintenant plus de six ans, j’avais invité les lecteurs de La Lettre PEA (si vous souhaitez vous abonner à cette publication et profiter de mes conseils, cliquez ici) à se positionner à l’achat sur Vallourec (PA:VLLP). A l’époque, le titre valait autour de 50€ et le groupe, leader mondial de la fabrication de tubes sans soudure, était l’un des acteurs majeurs du secteur des parapétrolières.
Il appartenait au CAC40 depuis décembre 2006 et était l’une des valeurs les plus liquides de la cote… Je me rappelle par exemple que sur BFM Business, il n’y avait pas une émission ou presque sans que l’on n’évoque le dossier et l’importance des volumes échangés.
Las ! Les mauvaises nouvelles se sont accumulées depuis plus d’une décennie et Vallourec, qui a quitté l’indice phare en juin 2014, a vu son titre chuter sur des niveaux de… 1,5€. L’action (encore malmenée sur le SBF120 au moment où j’écris ces lignes) a perdu quelque 97% de sa valeur sur dix ans et environ 93% sur cinq ans, d’où une capitalisation boursière ramenée à 659 M€.
Un effondrement lié bien sûr à de très mauvais résultats, dans un contexte compliqué pour le secteur parapétrolier, mais également à une situation financière des plus inquiétantes.
Dans le viseur de Standard & Poor’s
Car avec une dette nette légèrement supérieure à 2 Mds€, Vallourec est dans une situation assez instable. Standard & Poor’s ne s’y est du reste pas trompée, annonçant en novembre dernier un abaissement de la notation du groupe, assorti d’une perspective négative, ce qui ouvre la porte à une nouvelle dégradation.
La reprise des marchés du groupe reste par ailleurs assez lente, aussi la direction pourrait-elle mettre en place un nouveau plan d’économies. Mais il y a (encore) plus grave !
A en croire certaines rumeurs en provenance de Londres, certains créanciers de Vallourec chercheraient en effet à couper leur exposition sur le groupe, quitte à accepter de vendre leurs créances avec une décote. Un rabais de l’ordre de 25% a même été évoqué ! En d’autres termes, si vous avez une créance de 100€ sur la société, vous êtes enclin à la céder à hauteur de 75€ pour vous en débarrasser.
Bien sûr, il resterait toujours des acheteurs pour ce type de transactions, je pense notamment à ces fameux fonds vautours qui n’aiment rien tant que le sang et les larmes, mais cela donne une idée de la suspicion de la communauté financière à l’endroit de la structure financière de la société.
Et si Vallourec a tenu à préciser que son ratio d’endettement était de 71% à fin septembre, bien en dessous donc des 100%, niveau des covenants bancaires, il en faut plus, beaucoup plus pour rassurer les investisseurs.
Le newsflow étant ce qu’il est, recommander le titre à l’achat me semble pour le moins aventureux, d’autant qu’on ne ramasse pas un couteau qui tombe. D’une façon générale, nul n’objectera que ce dossier est extrêmement dangereux et il vaut mieux a minima attendre le 20 février, date de la publication des résultats annuels, pour éventuellement y revenir.
Des réponses au sujet de la situation financière doivent en tout cas être fournies avant d’espérer un éventuel rebond du titre, quand bien même certains investisseurs jugent celui-ci largement survendu.