Comme chaque jour, l’équipe d’Oblis fait le point sur l’évolution d’un emprunt depuis son placement sur le marché primaire. Ce mardi, nous épinglons l’obligation Sears Holdings d’une maturité égale au 15 octobre 2018 et d’un coupon de 6,625%.
Le groupe américain de grande distribution a placé cette obligation en août 2011, quelques mois avant de clôturer l’un des pires exercices annuels de son histoire. Les comptes plongeaient alors franchement dans le rouge avec une perte de 3,1 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2011 contre un bénéfice de 133 millions un an avant.
L’obligation dégringolait de concert pour atteindre les 76% du nominal fin janvier 2012. Un niveau qui traduisait le scepticisme des investisseurs pour la gestion d’Edward Lampert. Dirigeant de hedge funds, Lampert détient 49% de Sears, un groupe issu de la fusion entre Kmart et Sears en 2005.
« Les piètres résultats financiers réalisés en 2011, particulièrement au quatrième trimestre, soulignent la nécessité d’accélérer la transformation de Sears Holdings », expliquait alors Lampert dans une lettre à ses actionnaires datée de février 2012.
Un peu plus de trois ans plus tard, malgré les initiatives prises, Sears peine toujours à séduire les clients et le distributeur continue de perdre de l’argent. Il a clôturé ses quatre derniers exercices annuels en perte. En outre, malgré d’importantes cessions d’actifs, comme la participation détenue par Sears dans Sears Canada, le groupe américain a vu ses liquidités fondre. Elles s’élevaient à 250 millions de dollars à la clôture de son dernier exercice annuel, contre un milliard lors de l’exercice précédent.
Fortement endetté, la compagnie américaine a récemment pris l’initiative de céder 235 de ses magasins Sears et Kmart à un fonds immobilier (REIT, Real Estate Investment Trust), Seritage Growth Properties, dans le cadre d’une opération « Sale and Leaseback ». En tenant compte des accords signés en avril dernier avec trois grands centres commerciaux, c’est 3 milliards de dollars qui devraient rentrer dans les caisses du détaillant américain.
« Les injections de liquidité sont bienvenues, mais elles ne résolvent pas les problèmes commerciaux de Sears » a déclaré un analyste crédit de Moody’s. L’agence note la dette de Sears dans les derniers crans de la catégorie « High Yield ». L’obligation sous revue bénéficie plus particulièrement d’un rating « Caa1 ». S&P est un peu plus optimiste, avec une note « B- ».
Un rendement supérieur à 7% en dollars
Sur le marché secondaire, les investisseurs exigent un rendement de 7,45% pour détenir l’emprunt d’une durée résiduelle de trois ans au coupon de 6,625%. Celui-ci est actuellement disponible à 97,60% du nominal, par coupures de 2.000 dollars. La devise d’émission implique logiquement un risque de change.