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Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
Les exportations chinoises ont chuté de 20,7% le mois dernier par rapport à février 2018, une contre-performance sans précédent depuis février 2016. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une baisse de -5% après une hausse de 9,1% en janvier. Les importations ont elles aussi ralenti de -5,2% en rythme annuel, alors que le consensus tablait sur -1,4%, comparable au -1,5% de janvier.
La baisse de régime des exportations au mois de février est un phénomène vieux comme le nouvel an chinois… puisque la “golden week” (semaine de célébration de l’année de la nouvelle lune, entièrement fériée en Chine) ampute fortement l’activité du second mois de l’année.
Les prochains chiffres à surveiller cette semaine concerneront le secteur automobile, l’un des plus fiables baromètres conjoncturels dans l’Empire du Milieu : les ventes de janvier avaient été catastrophiques avec un plongeon de -15,8% (2,37 millions d’immatriculations) par rapport au mois de janvier 2018.
La situation s’aggrave mois après mois, confirmant le recul des ventes de -13% en décembre et de -14% en novembre 2018.
Une consommation en berne
S’il apparaît excessif de déclarer les consommateurs chinois aux abonnés absents, un autre indicateur pose question concernant la décélération de l’économie chinoise : le “PPI” de février (l’indice des prix à la production) stagne quasiment sur les 12 derniers mois écoulés, à +0,1% au lieu du +0,2% anticipé, ce qui ne change pas grand-chose !
En séquentiel (d’un mois sur l’autre), les prix à la production ont même régressé de -0,1%, après un recul de -0,6% en janvier. Et le PPI s’était également contracté – tout comme le secteur auto – en novembre et décembre (4ème mois consécutif de baisse en rythme mensuel).
L’indice des prix à la consommation (CPI) a quant à lui reculé de -0,2% en rythme annuel en février, à +1,5% contre +1,7% en janvier, soit le rythme le plus faible depuis janvier 2018.
L’inflation “centrale” (hors produits alimentaires frais et coûts de l’énergie) ressort en hausse de 1,8% contre +1,9% en janvier.
De tels chiffres ne seraient cohérents qu’avec une croissance chinoise 10 à 20% inférieure aux chiffres officiels : le problème n’est pas que l’économie réelle ne progresse qu’à 5% – ce que beaucoup d’économistes tiennent déjà pour acquis – mais que le chômage progresse.
Au Japon et en Allemagne, la croissance ou l’inflation au second semestre 2018 étaient proches de zéro, mais le taux de chômage reste au plus bas.
La fuite des travailleurs migrants des grandes métropoles
En Chine, il n’existe pas de statistiques fiables à ce sujet, mais l’expansion ou la récession se mesure au nombre de travailleurs (souvent “clandestins”, c’est à dire sans permis de travail hors de leur province) qui quittent les grandes villes – faute de salaire- pour retourner vivre dans les zones rurales.
La croissance chinoise avait été stimulée par une arrivée en masse des travailleurs migrants dans les métropoles. Fin 2018, la Chine connaissait une vague de reflux de la population vers les “provinces”.
Autre surprise d’importance : la masse monétaire “M2” (le crédit) s’est fortement contractée (en séquentiel) au mois de février après une croissance spectaculaire en janvier. Personne – évidemment – ne s’attendait à une progression par rapport au mois de janvier mais la demande de crédit (+8%) aurait dû s’avérer beaucoup plus soutenue (par rapport à 2018) qu’elle ne l’a été le mois dernier.
Aux Etats-Unis, Wall Street veut croire à un scénario “Goldilocks“
La première puissance mondiale affiche quant à elle des signaux plus positifs. Le chômage se serait brusquement contracté au mois de février (-0,3% à 3,8% contre 4% en janvier). Cependant, 20 000 emplois seulementont été créés, soit 290 000 de moins qu’en janvier) mais comme le disait Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump, vendredi dernier : “ce sont des chiffres à oublier”.
Une fois n’est pas coutume, nous allons créditer Wall Street d’une bonne raison pour rebondir ce lundi, après 8 séances de repli sur 9 (in extremis, avec un score symbolique de -0,1%)et une série perdante de 12 séances consécutives pour le “Dow Transport” (du jamais vu depuis 1972) : il s’agit de l’embellie de la productivité non agricole.
Le Département du Travail américain (NFP) a dévoilé une productivité en hausse de 1,9% en rythme annualisé au quatrième trimestre 2018 (battant le consensus qui tablait sur +1,6%).
La productivité du 3è trimestre a en revanche été revue à la baisse de 2,2% à 1,8% (mais sur 2 mois, la productivité “colle” à la moyenne historique des 70 dernières années aux USA qui est de 2,1%).
L’embellie du 4è trimestre s’explique par une augmentation de 3,1% de la production pour une croissance de 1,2% seulement du nombre d’heures travaillées. Des heures qui ont certes coûté un peu plus cher (+2% par rapport au 3è trimestre) mais qui demeurent bien en-deçà du seuil d’alerte pré-inflationniste, à +1% sur 12 mois, un niveau vraiment très bas.
La FED évoquait dans son “Livre Beige” (publié mercredi 6 mars) des pénuries locales de main d’œuvre et des augmentations des salaires dans plusieurs régions (notamment le Middle West) : il faut croire que les USA sont encore très loin d’un emballement et d’une confirmation de la “courbe de Phillips” (spirale plein emploi/hausse des salaires).
Wall Street oubliera volontiers le “NFP” pour se rappeler avec bonheur une productivité “Goldilocks”.
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