L’apocalypse boursière promise par certains opérateurs n’a donc pas eu lieu. Ni les 23 et 24 juin (Brexit), ni hier. Tant mieux, profitons-en ! Le discours de Trump aura en effet balayé les craintes d’effondrement boursier. Trois éléments sont à retenir pour justifier et appuyer les mouvements actuels qu’encaissent l’ensemble des grands indices boursiers mondiaux. Premièrement, Trump a promis d’investir via son plan de relance près de 550 milliards de dollars dans les infrastructures américaines. Soit près de 3% du PIB national. Rien de précis n’a été indiqué par l’équipe de campagne de l’ex-candidat. Clinton proposait un plan moitié moindre, aux alentours de 275 milliards de dollars. Si ce plan venait à être précisé, chiffré et surtout argumenté, il serait perçu comme historique.
Fin de notre appel à la prudence
Cette promesse alimente pour bonne part les espoirs des opérateurs. Après les désastres politique et économique promis si Trump était élu, les tensions semblent apaisées par un bon discours et quelques promesses vagues. Parmi celles-ci, le 45ème Président américain a assuré hier matin lors de son allocution de victoire qu’il doublerait le taux de croissance national. Selon la banque mondiale, il était de 2,4% en 2015. Doubler un tel taux chiffre semble particulièrement complexe pour un pays développé mais nous sommes plus que jamais dans une séquence politique et économique où … seuls les mots comptent. Les paroles et promesses auront plus d’importance que les actes tant que la passation de pouvoir ne sera pas pleinement validée.
Pour rappel, elle aura lieu le 20 janvier 2017. Obama doit d’ailleurs rencontrer Trump aujourd’hui à la Maison Blanche pour entamer cette transition historique. Certes, les promesses du républicain se feraient au détriment des déficits publics mais les opérateurs se focalisent actuellement sur les espoirs que susciteraient de tels investissements, malgré une hausse prochaine des taux américains. Pour l’heure, et compte tenu de la situation, notre attente reste inchangée pour décembre prochain : la Fed (banque centrale américaine) relèverait son taux directeur de 25 points de base. Nous passerions alors dans la tranche 0,50 / 0,75%. Une telle hausse ne pénaliserait pas sensiblement les projets économiques de la prochaine administration US.
Troisième et dernier aspect, Clinton a clairement reconnu sa défaite. Au même titre que Sanders, elle a publiquement souhaité que l‘équipe Trump réussisse ses projets, en se proposant si d’aventure une sorte d’unité nationale était nécessaire. Malgré quelques manifestations anti-Trump cette nuit, les villes américaines restent calmes. Il faudra clairement surveiller dans les prochaines semaines le comportement de la population, dans la mesure où le pays est plus divisé que jamais. La fracture nationale est énorme. Comme prévu, notre appel à la prudence (de mardi midi à mercredi, fin de matinée) est donc totalement levé. Certes, la volatilité reste forte mais l’orientation des indices est nette, à la hausse, appuyée par de très forts volumes boursiers. Pour cette séance, nous travaillerons avec nos clients via une frontière technique rehaussée sur les 10 595 points sur l’indice allemand DAX30. Les trois résistances majeures à viser en cas de maintien de l’actuelle pression haussière dans les prochaines heures sont distinguées à 10 780, 10 860 et 10 955 points. Ce dernier niveau représente les 38,2% de Retracement de Fibonacci de long terme. Excellente séance à tous !