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Laurent Abitbol: le magnat du tourisme français qui n'aime pas voyager

Publié le 24/11/2017 10:52
Laurent Abitbol, président du groupe Marietton, à Lyon, le 23 novembre 2017 (Photo JEFF PACHOUD. AFP)
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HAVA
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Laurent Abitbol, président du groupe Marietton, à Lyon, le 23 novembre 2017 (Photo JEFF PACHOUD. AFP)

Il déteste voyager et n'achète jamais sur internet. Pourtant, en quelques années, Laurent Abitbol a fait de l'officine familiale le numéro un français du tourisme, en se jouant des bouleversements du secteur.

Le groupe Marietton que dirige M. Abitbol devrait facturer cette année pour 1,3 milliard d'euros de prestations lui permettant de dégager un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros.

Il y a dix ans, son volume d'affaires ne dépassait pas 30 millions d'euros. La clef de cette croissance effrénée: une politique d'acquisitions menée tambour battant, au moment même où les acteurs historiques baissaient pavillon, bousculés par l'émergence d'internet.

Laurent Abitbol croit, lui, aux agences "en dur". Confrontés à une offre pléthorique sur le web, "les clients ont besoin de conseils", souligne-t-il. Les sites de l'entreprise renvoient ainsi systématiquement à l'agence du groupe la plus proche. Le groupe en gère 434 en France et consacre 4 à 5 millions d'euros par an à leur rénovation.

"On a acheté 18 entreprises en dix ans et les 18 ont été rentables", lance Laurent Abitbol à l'adresse de ceux qui questionnent sa stratégie à contre-courant.

Marietton "s'est nourri des erreurs des autres", souligne l'analyste Didier Arino, de Protourisme. Son patron "est opportuniste, il est pragmatique et en même temps visionnaire. Avec aussi une capacité à prendre des risques, mais des risques toujours mesurés".

"Dans le monde du voyage, on avait affaire à des financiers qui étaient assez nuls. C'est l'avantage de l'entreprise familiale: vous n'avez pas besoin de mener de grandes études avant de prendre une décision", relève M. Arino.

- L'aile ou la cuisse -

"Quand j'achète une boîte, c'est que je la sens", confirme M. Abitbol. "Après, mes adjoints sont là pour tout vérifier. On marche comme ça, au feeling."

Et de raconter qu'au moment où il s'apprêtait à racheter Havas (PA:HAVA) Voyages, entreprise deux fois plus grosse que Marietton, sont survenus les attentats de 2015. "Tout le monde nous déconseillait d'y aller car les attentats, c'est terrible pour le tourisme."

"A ces moments-là, vous êtes seul. Il n'y a personne pour vous aider. Il fallait donc accepter une part d'irrationnel dans la prise de décision. Je suis allé chez Bocuse et j'ai commandé un poulet - j'aime beaucoup le poulet grillé - en me disant +s'il me sert la cuisse, j'achète. Si c'est l'aile, je n'achète pas+. Et on m'a servi la cuisse..."

Quand la banque Rothschild lui demande où est son business plan, il leur répond: "là dedans", en montrant sa tête. Cela n'empêchera pas le prestigieux établissement de prendre le quart du capital de l'entreprise.

"C'est un peu un OVNI", concède M. Arino au sujet de cet homme au physique passe-partout. "Mais c'est génial d'avoir donné, comme il l'a fait, un grand coup de pied dans cette fourmilière de gens très établis".

Malgré sa taille désormais imposante, l'entreprise lyonnaise reste inconnue du grand public car elle distribue ses voyages à travers des marques telles que Havas Voyages, Selectour, Carrefour (PA:CARR) ou Auchan Voyages.

Elle fêtait jeudi son cinquantième anniversaire, mais ce n'est qu'après les attentats du 11 septembre 2001 qu'elle a véritablement décollé. Profitant du désarroi de la profession, M. Abitbol avait alors pu louer des avions pour une bouchée de pain, abaissant ainsi le coût de revient de ses voyages.

- Premiers pas à l'étranger -

Marietton, qui a encore racheté cette année les activités de voyages d'affaires de Fram, l'agence de voyages de l'Olympique lyonnais et le réseau Celtéa Voyages dans l'ouest de la France, n'est toujours pas rassasié.

"En 2018, on va acheter d'autres entreprises, c'est sûr. Pour finir de quadriller la France, il nous faut encore une soixantaine d'agences. Ce sera fait l'an prochain", affirme M. Abitbol.

"Nous n'avons pas de problème d'argent" pour mener ces acquisitions. "Nos actionnaires nous suivent", assure-t-il.

Objectif: arriver à deux milliards d'euros de volume d'affaires dans les trois ans.

Le groupe va aussi faire ses premiers pas à l'étranger, en Europe francophone, avec une première acquisition envisagée à Genève.

L'année prochaine sera aussi celle d'une recomposition du capital. L'entreprise est actuellement détenue à 40% par la famille, les financiers Siparex, Rothschild et le Crédit agricole possédant le solde.

"J'ai plusieurs options", relève M. Abitbol, en précisant que la famille souhaiterait à cette occasion se renforcer au capital à hauteur de 7% à 8%.

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