Les valeurs technologiques asiatiques chutent après les propos hawkish de Warsh sur les taux
Les signes de stress s’accumulent sur les marchés accentuant au passage la panique qui sévit depuis le début de l’année. Le rebond de l’or, qui a retrouvé son rôle de valeur refuge, est symptomatique d’une situation boursière qui incite plutôt à la prudence. Dans ce contexte, la question n’est pas de savoir si le CAC 40 va chuter sous les 4000 points mais plutôt de savoir quand est-ce que cela va survenir. L’état des banques est la dernière préoccupation en date des investisseurs. La hausse continue des prêts non performants en Italie, dont le montant a atteint 225 milliards d’euros en janvier dernier, a jeté le doute sur l’ensemble du secteur bancaire européen. Résultat : les actions bancaires sont de retour à leur point bas de 2012, avant que Mario Draghi n’énonce son fameux « whatever it takes ». Le CDS à maturité cinq ans de Deutsche Bank, société qui ne pourra certainement pas faire l’économie d’une recapitalisation, a renoué avec ses niveaux de la crise de la dette souveraine. La panique aidant, les investisseurs ne font pas de distinction entre les banques qui ont un bilan sain, comme en France, et celles qui n’en ont pas. Au regard de la tournure des évènements, ce premier trimestre boursier de l’année 2016 a de fortes chances d’être négatif.
Les derniers faits marquants :
Côté zone euro, l’indice Sentix a reculé plus que prévu en février, à 6,0 contre 9,6 en janvier. Le consensus tablait sur une baisse à 7,6. Cette dégradation de l’indicateur s’explique par l’impact sur l’Union des remous internationaux et, également, par un ralentissement notable en Allemagne qui jouait jusqu’à présent le rôle de locomotive économique.
CHINE. Les réserves de change sont au plus bas depuis trois ans. Au rythme actuel (presque 100 milliards de dollars par mois), elles pourraient atteindre le seuil minimal recommandé par le FMI de 2800 milliards de dollars d’ici fin juin. Le pays ne peut pas se permettre que ses réserves s’effondrent nettement sous ce plancher qui permet à la Banque Populaire de Chine (BPC) d’avoir une marge de manœuvre réelle pour intervenir en cas de choc externe. Si cela devait se produire, la Chine serait tôt ou tard contrainte de jeter l’éponge et de laisser les forces du marché décider du taux de change du yuan. La crédibilité de la BPC serait durablement entamée. Une dévaluation par étape de la monnaie chinoise est, par conséquent, notre scénario privilégié pour le semestre en cours.
Chaque jour (ou presque) amène son lot d’incohérences sur le marché obligataire : le taux de rendement de l’obligation souveraine de la Suisse à 50 ans (un demi-siècle !) est de seulement 0,36%. Le paradoxe c’est que les pays bénéficiant de taux d’emprunt extraordinairement bas refusent, en général, de recourir à l’endettement pour investir. L’Allemagne est un bon exemple à ce propos. Une aberration lorsqu’on constate l’atonie de la croissance européenne.
À suivre aujourd’hui :
Le rapport sur l’emploi américain JOLTS (Job openings and labor turnover survey), qui est très surveillé par Janet Yellen, sera publié. Il devrait confirmer l’amélioration du marché de l’emploi esquissée une nouvelle fois par les NFP vendredi dernier.
Autre indicateur américain du jour avec l’enquête NFIB d’optimisme des petites entreprises. Le consensus table sur une légère baisse à 94,5 en janvier par rapport à 95,2 en décembre. Dans le détail, il faudra surveiller toute référence à une hausse prévue des salaires ou aux conditions de crédit offertes aux petites entreprises. Une récente enquête semble indiquer un resserrement des conditions de crédit pour les entreprises outre-Atlantique.










