Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
L’Allemagne sort à peine de sa plus mauvaise année en terme de production de véhicules automobiles (4,5 millions, le plus faible score depuis 22 ans) que 2020 s’annonce pire encore, avec l’entrée en vigueur de nouvelles normes anti-pollution et de grosses interrogations sur la santé du marché chinois (les ventes étant au plus bas également en 2019).
La menace par Donald Trump d’une surtaxation des véhicules importés d’Europe continue de planer. Cependant, le vrai péril pour les exportations de grosses cylindrées allemandes vient de la France, avec le déplafonnement du barème des malus qui vont frapper l’an prochain les véhicules les plus polluants.
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire – qui s’inscrit dans cette tradition bien française consistant à régler chaque problème par la répression fiscale – juge absurde que le malus “pollution” culmine à 12 500 € et qu’au delà de 173 grammes de CO2 émis par kilomètre, il ne progresse plus.
En matière de fiscalité, c’est chacun pour soi
Ce dernier va donc être déplafonné pour atteindre jusqu’à 20 000€ (soit l’équivalent du prix de 2 petites citadines) et les ventes de gros SUV de 3 litres et plus vont s’embourber dans une fiscalité punitive (censée rapporter 50 M€), qui n’épargnera pas non plus les “grandes sportives” : tiens, comme c’est curieux… les constructeurs français n’en produisent pas et la plupart de celles qui circulent en France sont allemandes (plus quelques belles italiennes et 2 ex-britanniques : Jaguar et Aston Martin (LON:AML)).
Ah au fait… pour ceux qui l’auraient oublié, la solidarité et l’harmonisation fiscale en Europe, ce n’est pas pour demain, ni même après demain.