x
Dernière minute
0

ATR estime que le protectionnisme chinois freine ses ambitions

Actions13/09/2017 18:50
Sauvegardé. Afficher les Eléments sauvegardés.
Cet article a déjà été enregistré dans vos Eléments sauvegardés
 
© Reuters. ATR ESTIME QUE LE PROTECTIONNISME CHINOIS FREINE SES AMBITIONS

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Le président exécutif d'ATR a regretté mercredi que le protectionnisme chinois freine son essor dans un marché qu'il évalue à au moins 300 turbopropulseurs sur la décennie à venir.

La coentreprise à parité entre Airbus (PA:AIR) et Leonardo, qui produit 80 avions par an, ne parvient toujours pas à obtenir la certification de l'ATR 72-600 en Chine, pourtant très peu différent du modèle précédent, l'ATR 72-500 déjà en exploitation dans le pays.

"Cela s'appelle du protectionnisme, nous sommes aujourd'hui otages de négociations (...) pour la reconnaissance bilatérale de certification de l'avion", a estimé Christian Scherer lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE).

Pékin renâcle à certifier l'ATR afin de faire pression sur la Commission européenne pour qu'elle certifie ses propres avions, a-t-il expliqué.

ATR, qui construit des avions de 50 à 90 places, a déjà signé deux lettres d'intention en Chine, l'une avec un investisseur purement privé, l'autre avec un tandem constitué d'un groupe de transport et la municipalité d'une grande ville du pays, se positionnant dans un marché encore assez fermé.

"En l'espace de six mois, nous avons replanté le drapeau ATR dans les trois plus gros marchés aéronautiques au monde aujourd'hui, où nous étions absents : l'Inde, la Chine et les Etats-Unis", s'est félicité Christian Scherer, qui a pris les rênes du groupe en novembre 2016.

IndiGo, la première compagnie indienne, a ainsi commandé en mai 50 ATR 72-600 pour plus de 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros) aux prix catalogue.

Aux Etats-Unis, ATR compte sur l'arrivée en fin de vie de vieux turbopropulseurs du suédois Saab et du brésilien Embraer, sur la réouverture de lignes régionales exploitées par des jets plus gourmands en carburant, ainsi que sur l'essor du fret aérien intérieur.

ATR, qui totalise environ un millier d'avions en exploitation dans le monde, cherche désormais à soutenir le marché de l'occasion pour attirer des financements pour des achats d'avions neufs, a précisé Christian Scherer.

Il a dit vouloir rompre avec une pratique passée consistant à trop vendre d'ATR à des sociétés de leasing qui peinent ensuite à les écouler, entraînant une forte accumulation des stocks d'avions et, par ricochet, une baisse des prix des avions neufs faute de demande suffisante.

"Il appartient à l'avionneur intelligent de favoriser la liquidité des produits", a expliqué Christian Scherer, disant avoir créé un service de soutien commercial et financier aux loueurs pour les aider à revendre leurs avions d'occasion et maintenir ainsi la valeur résiduelle des avions neufs d'ATR.

BULLE SPÉCULATIVE

Le patron d'ATR a dit ainsi mener des actions commerciales combinées avec deux ou trois grands loueurs, comme la compagnie régionale Silver Airways, qui va réceptionner 20 ATR 42 financés par Nordic Aviation Capital (NAC), pour ses vols vers la Floride et les Bahamas.

"Il y a eu une légère bulle spéculative sur les avions loués, ce qui fait qu’à un moment on ambitionnait un peu plus que 80" avions produits par an, a estimé Christian Scherer, faisant référence au rythme annuel de croisière fixé à plus de 100 livraisons par ses prédécesseurs.

"Notre ambition est une stabilisation (...) indépendamment du dollar et du pétrole", a-t-il ajouté, abandonnant aussi l'argument passé selon lequel ATR ne devait son salut qu'au prix élevé du baril pour ramener les acheteurs vers les turbopropulseurs, moins gourmands en carburant que les jets.

Dans le même esprit, Christian Scherer s'est refusé à continuer à se focaliser sur un objectif de ventes ambitieux, se disant satisfait du retour du "book-to-bill" (ratio commandes/ventes) au-dessus de 1.

Issu d'Airbus, il s'est montré beaucoup moins catégorique sur la nécessité d'un tout nouvel ATR à plus de 90 places, disant qu'il ne s'agit qu'une option parmi les trois à l'étude, les deux autres étant une version remotorisée de l'ATR 72, qui assure 90% des livraisons du groupe, et le choix d'une "technologie de rupture".

Ce qui paraît certain en revanche, c'est que le lancement d'un nouveau programme nécessiterait de sortir ATR du "carcan" de sa structure juridique actuelle pour la transformer en société anonyme", suivant ainsi la logique suivie par Tom Enders à la tête d'Airbus.

Christian Scherer a dit étudier "les tenants et les aboutissants d’une transformation d’ATR" avec l'accord des actionnaires et principaux fournisseurs d'ATR, Airbus et Leonardo.

Le patron de la fédération italienne des industries de la défense avait dit à Reuters en juin que l'italien ne comptait pas réduire sa participation dans le missilier européen MBDA, dont il est actionnaire aux côtés d'Airbus et du britannique BAE Systems (LON:BAES).

Leonardo s'était par le passé montré intéressé par une montée au capital d'ATR, tandis qu'on a prêté à Airbus un intérêt pour la participation de l'italien dans MBDA.

(Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)

ATR estime que le protectionnisme chinois freine ses ambitions
 

Lire Aussi

Ajouter un commentaire

Instructions relatives aux commentaires

Nous vous encourageons à utiliser les commentaires pour engager le dialogue avec les autres utilisateurs, partager votre point de vue et poser des questions aux auteurs et utilisateurs. Toutefois, afin de maintenir un niveau de dialogue de qualité, veuillez garder à l'esprit les éléments suivants:

  • Enrichissez les débats.
  • Restez concentré et évitez les hors-sujets. Ne postez que du contenu lié au sujet abordé.
  • Soyez respectueux. Même les opinions négatives peuvent être appréhendées positivement et avec diplomatie. 
  • Utilisez un style d’écriture standard. Soignez la ponctuation et utilisez les majuscules et minuscules.
  • REMARQUE: Le spam et/ou les messages promotionnels et les liens insérés dans un commentaire seront retirés.
  • Évitez les insultes, la calomnie ou les attaques personnelles dirigées contre un auteur ou un autre utilisateur.
  • Seuls les commentaires en français sont autorisés.

Les auteurs de spam ou d'abus seront supprimés du site et interdits d'inscription à la discrétion de Investing.com.

 
Êtes-vous sûr de vouloir supprimer ce graphique ?
 
Exprimez-vous
 
Remplacer le graphique actuel par un nouveau graphique?
Publier
Publier également sur :
1000
Veuillez attendre une minute avant de soumettre un nouveau commentaire.
Merci pour votre commentaire. Nous vous informons que les commentaires soumis restent en attente jusqu’à ce qu’ils soient validés par nos modérateurs. C’est la raison pour laquelle leur publication sur notre site peut parfois prendre un certain temps.
 
Êtes-vous sûr de vouloir supprimer ce graphique ?
 
 
Remplacer le graphique actuel par un nouveau graphique?
Publier 1000
Veuillez attendre une minute avant de soumettre un nouveau commentaire.
 
 
 
Signaler ce commentaire comme inapproprié

Je souhaite signaler ce commentaire comme :

Commentaire signalé

Merci

Le commentaire signalé sera révisé par nos modérateurs
Ajouter un graphique au commentaire
Responsabilité: Fusion Media would like to remind you that the data contained in this website is not necessarily real-time nor accurate. All CFDs (stocks, indexes, futures) and Forex prices are not provided by exchanges but rather by market makers, and so prices may not be accurate and may differ from the actual market price, meaning prices are indicative and not appropriate for trading purposes. Therefore Fusion Media doesn`t bear any responsibility for any trading losses you might incur as a result of using this data.

Fusion Media or anyone involved with Fusion Media will not accept any liability for loss or damage as a result of reliance on the information including data, quotes, charts and buy/sell signals contained within this website. Please be fully informed regarding the risks and costs associated with trading the financial markets, it is one of the riskiest investment forms possible.
Inscription via Google
ou
Inscription via mail