Rejoignez plus de 750.000 investisseurs qui copient les actions des portefeuilles des milliardairesInscription Gratuite

Israël forme un gouvernement d'union, continue de pilonner Gaza

Publié le 11/10/2023 19:46
Mis à jour le 11/10/2023 19:50
© Reuters. Une vue aérienne montre les dommages dans le kibboutz Beeri, en Israël. /Photo prise le 11 octobre 2023/REUTERS/Ilan Rosenberg
TTEF
-

par Dan Williams, Nidal al-Mughrabi et Nandita Bose

JERUSALEM/GAZA/WASHINGTON (Reuters) - Israël a formé mercredi un gouvernement d'union d'urgence nationale alors que son armée poursuivait sa campagne de frappes aériennes d'une intensité sans précédent contre Gaza et déployait des troupes au nord de l'enclave palestinienne en réponse à l'attaque du Hamas.

Les combattants palestiniens ont dit poursuivre les affrontements avec les troupes israéliennes, quatre jours après leur assaut sanglant dans le sud d'Israël, tandis qu'une nouvelle attaque a été signalée dans le nord, laissant craindre un élargissement du conflit.

Tsahal a frappé le sud du Liban pour une quatrième journée consécutive, visant des cibles du Hezbollah, qui a exprimé son soutien au Hamas. Des violences ont également éclaté à Jérusalem-Est et en Cisjordanie où, selon des représentants locaux, 21 Palestiniens ont été tués et 130 autres blessés depuis samedi dans des affrontements avec des soldats israéliens.

Le dernier bilan de l'assaut du Hamas, mené pendant plusieurs heures samedi, notamment contre plusieurs kibboutz et un festival de musique en plein air, s'est alourdi à 1.200 morts et plus de 2.700 blessés, tandis que des dizaines de personnes ont été enlevées et sont détenues en otages à Gaza.

Depuis lors, les frappes aériennes menées en représailles contre l'enclave palestinienne ont fait 1.100 morts et plus de 5.330 blessés, a rapporté le ministère de la Santé local, indiquant aussi qu'environ 250.000 personnes sont sans-abri après la destruction de 535 immeubles résidentiels.

Onze ressortissants français ont été tués dans les attaques du Hamas, a déclaré la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, sur franceinfo. Plus tôt dans la journée, la Première ministre Elisabeth Borne a déclaré devant le Sénat que dix ressortissants français étaient morts et dix-huit autres, dont des enfants, portés disparus.

Israël a promis une "vengeance terrible" et d'"éradiquer" le Hamas en réponse à ce qui constitue l'attaque la plus meurtrière sur son sol en 75 ans d'histoire.

"SIÈGE TOTAL (EPA:TTEF)"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est convenu de former un gouvernement d'urgence avec le chef de l'opposition centriste, Benny Gantz, ancien ministre de la Défense, avec l'objectif de se focaliser uniquement sur le conflit.

A Washington, le président américain Joe Biden a condamné l'attaque, déclarant mardi dans une allocution qu'Israël avait le droit et le "devoir" de se défendre, tout en prévenant des parties tierces de ne pas aggraver la crise - une référence à l'Iran, soutien du Hamas, qui a salué l'attaque de samedi tout en niant toute implication directe.

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, est parti mercredi pour Israël où il devrait s'entretenir jeudi avec de hauts responsables pour afficher la "solidarité" des Etats-Unis et s'enquérir directement des besoins du gouvernement israélien, alors que Washington a commencé à envoyer des aides sécuritaires supplémentaires à son allié de longue date.

A Paris, Emmanuel Macron réunira jeudi l'ensemble des chefs de partis politiques et les présidents des deux chambres du Parlement à la suite des "actes terroristes commis en Israël", a annoncé l'Elysée. Le président français effectuera ensuite une allocution télévisée à 20h00.

Des affrontements ont été signalés mercredi au nord de Gaza, où l'armée israélienne a déployé des chars d'assaut et des véhicules blindés. Les brigades Al Qassam, branche armée du Hamas, ont dit qu'elles poursuivaient le combat sur le sol israélien.

Gaza, densément peuplée avec quelque 2,3 millions d'habitants, a été placée sous un "siège total" d'Israël, qui bloque l'arrivée de toute denrée alimentaire et de carburant. D'après les organes de presse du Hamas, l'électricité a cessé de fonctionner mercredi après l'arrêt de la dernière centrale électrique.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a accusé mardi Israël de violer le droit international en imposant un blocus total de l'enclave palestinienne.

"PUISSANCE"

Venant en aide à des services de secours palestiniens débordés, des résidents de Gaza participaient aux efforts de recherche de corps dans les décombres.

"Je dormais ici quand la maison s'est effondrée sur moi", a déclaré un homme, en pleurs, alors que d'autres personnes et lui utilisaient des lampes-torche dans les escaliers d'un bâtiment atteint par des missiles pour retrouver d'éventuels disparus.

Selon des sources palestiniennes, l'une des habitations atteintes par les frappes nocturnes d'Israël sur Gaza ont tué trois membres de la famille de Mohammed Deif, commandant de l'ombre de la branche armée du Hamas et considéré comme le cerveau de l'attaque de samedi.

Tsahal dit avoir tué au moins 1.000 combattants palestiniens qui avaient infiltré Israël depuis Gaza.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne a réuni des commandants pour réfléchir aux prochaines étapes de l'offensive. "Où que se trouvent les chefs du Hamas, les (forces de défense israéliennes) frappent avec précision et puissance", a-t-il dit.

Des dizaines de personnes, dont des ressortissants étrangers, sont détenues en otages à Gaza depuis l'incursion du Hamas, dont les combattants ont filmé et diffusé en ligne certains enlèvements, paradant dans des rues israéliennes.

Les deux camps ont dénoncé la mort et les blessures de nombreuses femmes et enfants.

Israël a annoncé la fermeture des écoles, optant pour l'enseignement à distance, et a donné des armes à feu supplémentaires aux citoyens détenant une licence appropriée, anticipant de potentielles tensions entre sa majorité juive et sa minorité arabe, sur fonds d'appels croissants à des manifestations de soutien à Gaza.

En France, une cinquantaine d'actes antisémites ont été signalés depuis samedi, a déclaré mercredi le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, indiquant que les forces de l'ordre ont procédé à 20 interpellations.

En Cisjordanie occupée, le gouverneur intérimaire de Naplouse a déclaré que des Palestiniens ont été blessés par balles par des colons israéliens. Reuters n'a pas pu confirmer ces incidents. Aucun commentaire n'a été effectué dans l'immédiat par les autorités israéliennes.

"CATASTROPHE HUMANITAIRE"

Mener une offensive au sol représente un risque pour Israël, notamment du fait de la présence d'otages retenus en différents points de l'étroite bande de Gaza, majoritairement urbaine et contrôlée par le Hamas. Ce dernier a menacé d'exécuter un otage pour toute frappe israélienne contre un immeuble d'habitation sans préavis.

Israël a retiré soldats et colons de Gaza en 2005, après 38 ans d'occupation, puis a imposé un blocus de l'enclave palestinienne après l'arrivée au pouvoir du Hamas en 2007 - un blocus ayant créé des conditions de vie dénoncées comme intolérables par les Palestiniens.

Les Etats-Unis ont indiqué mardi avoir engagé des discussions avec Israël et l'Egypte pour ouvrir un point de passage sûr pour les civils de Gaza, alors que la nourriture vient à manquer dans l'enclave.

Reuters a appris mercredi de sources au fait de la question que Le Caire refusait d'ouvrir un couloir mais discutait avec Washington et d'autres de livraisons d'aides via sa frontière avec la bande de Gaza.

© Reuters. Une vue aérienne montre les dommages dans le kibboutz Beeri, en Israël. /Photo prise le 11 octobre 2023/REUTERS/Ilan Rosenberg

Un représentant de l'Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie, a exhorté la communauté internationale à intervenir d'urgence pour éviter "une catastrophe humanitaire majeure".

D'après le ministère palestinien des Affaires étrangères, les frappes israéliennes ont détruit plus de 22.600 unités résidentielles et dix centres de santé, et endommagé 48 écoles.

(Reportage James Mackenzie, Dan Williams, Emily Rose, Henriette Chacar et Ari Rabinovitch à Jerusalem, Nidal al-Mughrabi à Gaza, Ali Sawafta à Ramallah, Maayan Lubell à Kfar Aza, Steve Holland, Nandita Bose, Rami Ayyub et Daphne Psaledakis à Washington, Andrew Mills au Qatar; rédigé par Jean Terzian)

Derniers commentaires

Installez nos applications
Divulgation des risques: Négocier des instruments financiers et/ou des crypto-monnaies implique des risques élevés, notamment le risque de perdre tout ou partie de votre investissement, et cela pourrait ne pas convenir à tous les investisseurs. Les prix des crypto-monnaies sont extrêmement volatils et peuvent être affectés par des facteurs externes tels que des événements financiers, réglementaires ou politiques. La négociation sur marge augmente les risques financiers.
Avant de décider de négocier des instruments financiers ou des crypto-monnaies, vous devez être pleinement informé des risques et des frais associés aux transactions sur les marchés financiers, examiner attentivement vos objectifs de placement, votre niveau d'expérience et votre tolérance pour le risque, et faire appel à des professionnels si nécessaire.
Fusion Media tient à vous rappeler que les données contenues sur ce site Web ne sont pas nécessairement en temps réel ni précises. Les données et les prix sur affichés sur le site Web ne sont pas nécessairement fournis par un marché ou une bourse, mais peuvent être fournis par des teneurs de marché. Par conséquent, les prix peuvent ne pas être exacts et peuvent différer des prix réels sur un marché donné, ce qui signifie que les prix sont indicatifs et non appropriés à des fins de trading. Fusion Media et les fournisseurs de données contenues sur ce site Web ne sauraient être tenus responsables des pertes ou des dommages résultant de vos transactions ou de votre confiance dans les informations contenues sur ce site.
Il est interdit d'utiliser, de stocker, de reproduire, d'afficher, de modifier, de transmettre ou de distribuer les données de ce site Web sans l'autorisation écrite préalable de Fusion Media et/ou du fournisseur de données. Tous les droits de propriété intellectuelle sont réservés par les fournisseurs et/ou la plateforme d’échange fournissant les données contenues sur ce site.
Fusion Media peut être rémunéré par les annonceurs qui apparaissent sur le site Web, en fonction de votre interaction avec les annonces ou les annonceurs.
La version anglaise de ce document est celle qui s'impose et qui prévaudra en cas de différence entre la version anglaise et la version française.
© 2007-2024 - Fusion Media Ltd Tous droits réservés