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Les États-Unis refuseront de participer à une riposte contre l'Iran

Publié le 14/04/2024 11:06
© Reuters. Le système anti-missile israélien opérant après l'attaque iranienne . /Photo prise le 14 avril 2024/REUTERS/Amir Cohen

par Parisa Hafezi, James Mackenzie et Jeff Mason

JERUSALEM/DUBAI (Reuters) - Le président américain Joe Biden a averti le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu que Washington ne participerait pas à une éventuelle riposte contre l'Iran, a déclaré un responsable de la Maison Blanche dimanche.

La menace d'un conflit ouvert entre les deux ennemis du Moyen-Orient, susceptible d'entraîner les États-Unis dans son sillage, a fait encore monter d'un cran la tension régionale.

Les États-Unis continueront à aider Israël à se défendre, mais ne veulent pas de guerre, a indiqué John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale sur la chaîne ABC.

Les médias américains ont rapporté plus tôt que Joe Biden avait informé Benjamin Netanyahu qu'il ne participerait pas à une action de représailles lors d'un appel téléphonique dans la nuit. Ces propos ont été confirmés à Reuters par un responsable de la Maison Blanche.

Téhéran a par ailleurs mis en garde Israël et les Etats-Unis contre une réponse de grande ampleur en cas de réplique à son attaque de drones et de missiles lancée la nuit précédente contre le territoire israélien.

L'Iran a attaqué en réponse à une frappe meurtrière israélienne présumée perpétrée le 1er avril contre son consulat en Syrie, dans un contexte d'affrontements entre Israël et les alliés régionaux de l'Iran sur fond de guerre à Gaza.

Selon l'armée israélienne, 99% des quelque 300 projectiles lancés samedi soir ont été abattus avec l'aide des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Jordanie.

Une base de l'armée de l'air située dans le sud d'Israël a été touchée, ce qui ne l'a pas empêchée de fonctionner, et un enfant de sept ans a été grièvement blessé par des éclats d'obus. Aucun autre dommage grave n’a été signalé.

Deux ministres israéliens ont indiqué dimanche que des représailles n'étaient pas imminentes et que le pays n'agirait pas seul.

"Nous mettrons en place une coalition régionale et ferons payer le prix à l'Iran de la manière et au moment qui nous conviendront", a déclaré le ministre centriste Benny Gantz avant une réunion du cabinet de guerre.

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a également déclaré qu'Israël avait la possibilité de former une alliance stratégique "contre cette grave menace de l'Iran, qui risque d'installer des explosifs nucléaires sur des missiles". L'Iran nie chercher à se doter d'armes nucléaires.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Amir Abdollahian, a fait savoir que Téhéran avait informé les États-Unis que son attaque contre Israël serait "limitée".

"Nous avons intercepté, nous avons repoussé, ensemble nous gagnerons", a déclaré pour sa part le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur les réseaux sociaux avant une réunion du cabinet de guerre à la mi-journée.

Une source diplomatique turque a affirmé que l'Iran avait informé la Turquie à l'avance de l'attaque à venir.

Des puissances comme la Russie, la Chine, la France et de nombreux États arabes comme l'Égypte, le Qatar et les Émirats arabes unis ont appelé à la retenue.

"La France travaille à la désescalade avec ses partenaires et appelle à la retenue", a écrit le président français Emmanuel Macron dans un message sur le réseau X.

La mission de la République islamique auprès des Nations Unies a dit qu'il s'agissait de punir les "crimes israéliens" et que l'Iran "considérait désormais l'affaire close".

Mais le chef d'état-major de l'armée iranienne, le général Mohammad Bagheri, a lancé une mise en garde à la télévision. "Notre réponse sera bien plus importante que l'action militaire de ce soir si Israël riposte contre l'Iran", a-t-il prévenu, menaçant les bases américaines si Washington aidait Israël à riposter.

RÉUNION DES PAYS DU G7

Le président américain, Joe Biden, a réaffirmé son soutien à Israël sans annoncer de représailles contre l'Iran, dans l'attente d'une réunion en visioconférence des dirigeants des pays du G7 prévue dimanche après-midi, heure européenne.

Le Conseil de sécurité de l'Onu devait pour sa part se réunir en fin de journée à New York.

Le chef de la politique étrangère de l'Union européenne, Josep Borrell, a proposé la tenue, mardi, d'une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Les analystes se demandaient dimanche si l'attaque iranienne visait à faire des dégâts en Israël ou bien plutôt à sauver la face sans provoquer un conflit majeur.

"Je pense que les Iraniens ont pris en considération le fait qu'Israël dispose d'un système antimissiles multicouches très, très puissant et ils ont probablement pris en considération le fait qu'il n'y aurait pas trop de victimes", a estimé Sima Shine, un ancien haut responsable du Mossad à l’Institut d’études sur la sécurité nationale de Tel Aviv.

Samedi, les Gardiens de la révolution iraniens ont saisi un cargo lié à Israël dans le détroit d'Ormuz, l'une des routes commerciales les plus importantes au monde, illustrant les risques d'un conflit plus large pour l'économie mondiale.

Le transport aérien a été perturbé dans les pays de la région et les cours des actions ont chuté en Bourse en Israël et dans les États du Golfe.

La guerre à Gaza, lancée par Israël après une attaque du Hamas soutenue par Téhéran le 7 octobre, s'est étendue via des organisations fidèles à l'Iran au Liban, en Syrie, au Yémen et en Irak.

Allié le plus puissant de l'Iran dans la région, le groupe chiite libanais Hezbollah a tiré des roquettes contre une base israélienne dans la nuit. Israël a déclaré avoir frappé dimanche matin un site du Hezbollah au Liban.

L'attaque du 7 octobre qui a fait 1.200 morts et 253 otages côté israélien, la défiance interne à l'égard du gouvernement et la pression internationale en faveur d'un cessez-le-feu à Gaza pèseront sur les décisions de Benjamin Netanyahu quant à la réponse à apporter à l'attaque iranienne.

Le Premier ministre israélien prône depuis des années une ligne dure contre l'Iran, poussant les États-Unis à hausser le ton sur le programme nucléaire de Téhéran et son soutien au Hezbollah, au Hamas et à d'autres groupes de la région.

Dimanche à Jérusalem, les Israéliens racontaient leurs peurs nocturnes, le bruit des sirènes et des explosions, mais les avis divergeaient sur la réponse à donner à cet épisode inédit.

"Je pense que nous avons reçu l'autorisation de réagir maintenant. Je veux dire, c'était une attaque majeure de l'Iran", a déclaré Jeremy Smith, 60 ans.

En Iran, la télévision d'État a montré des images de petits rassemblements dans plusieurs villes pour célébrer l'attaque, mais en privé, certains Iraniens s'inquiétaient d'une éventuelle riposte israélienne.

© Reuters. Le système anti-missile israélien opérant après l'attaque iranienne . /Photo prise le 14 avril 2024/REUTERS/Amir Cohen

À Gaza, dévastée par six mois d'une guerre qui a fait 33.729 morts selon le ministère de la Santé palestinien, de nombreux Palestiniens approuvaient l'attaque iranienne.

"Nous avons été massacrés pendant plus de six mois et personne n'a osé faire quoi que ce soit. Maintenant, l'Iran, après que son consulat a été touché, riposte", a déclaré Majed Abu Hamza, 52 ans, de la ville de Gaza.

(Reportage James MacKenzie à Jérusalem, Parisa Hafezi à Dubaï, Jeff Mason à Washington, Suleiman al-Khalidi à Amman, Nidal al-Mughrabi au Cairo et Maayan Lubell, rédigé par Michael Georgy et Angus McDowall ; version française Elizabeth Pineau et Kate Entringer)

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