6.500 milliards d'actifs sous gestion, 65 milliards de dollars collectés au premier trimestre... des chiffres à la démesure du plus gros gérant d’actifs au monde, BlackRock (NYSE:BLK), qui est venu financer la diversification de ses activités sur le marché obligataire.
Premier gestionnaire mondial, BlackRock est venu lever deux milliards de dollars la semaine passée sur le marché primaire, conforté par l’annonce d’un bénéfice net supérieur aux attentes au premier trimestre de l’année.
Le gérant américain a ainsi bouclé les trois premiers mois de l’année sur un bénéfice net de 1,05 milliard de dollars, certes en recul sur un an (-3,3%) mais supérieur aux attentes, le bénéfice par action ressortant à 6,61 dollars, contre 6,13 attendu par les estimations consensuelles.
Durant le trimestre, BlackRock a par ailleurs vu ses actifs sous gestion remonter au-dessus des 6,5 trillions de dollars, après être passés sous la barre symbolique des 6.000 dollars en fin d’année, sur fonds de correction des marchés.
Outre la nette reprise des marchés actions, le gestionnaire a pu compter sur l’engouement retrouvé des investisseurs pour les placements obligataires, dans le cadre de la normalisation monétaire annoncée par la Banque centrale américaine.
Au total BlackRock a enregistré sur le trimestre une collecte nette de 65 milliards. Pour autant, les revenus générés par la maison de gestion ont reculé de 6,6% en glissement annuel à 3,34 milliards.
Un recul qui s’explique entre autres par la baisse des frais de gestion, dans un environnement de marché concurrentiel, alors que les épargnants et les investisseurs recherchent des produits aux commissions les plus faibles possibles, comme les fonds indiciels qui répliquent les performances des indices.
Diversification
Dans ce contexte, le management entend se développer en dehors des Etats-Unis tout en diversifiant ses activités au-delà de la gestion indicielle (iShares), via par exemple les investissements alternatifs moins liquides comme les infrastructures ou l'immobilier.
Ces placements sont très demandés par les fonds de pension et les assureurs, mais les banques, obligées de constituer de coûteuses réserves de liquidités pour ces activités, s'en détournent, soulignaient à ce titre Les Echos.fr
BlackRock entend également se diversifier dans les services liés aux nouvelles technologies. Il a ainsi mis sur pieds un véhicule destiné à accueillir ses investissements. En mars, le groupe a notamment racheté eFront pour 1,3 milliard de dollars, un éditeur français de logiciels pour financiers.
Un coupon de 3,25%
Dans le cadre du financement du véhicule d’investissement précité, Blackrock vient donc de lever plusieurs milliards de dollars, dont un milliard via une obligation qu’il s’engage à rembourser dans dix ans et à rémunérer par un coupon fixe de 3,25%.
Le rendement offert correspond à une prime de 75 points de base en regard des taux mid-swap de maturité comparable. Un spread qui tient compte notamment de l’absence de rating auprès des trois grandes agences de notation (Fitch, Moody’s, Standard & Poor’s).
L’obligation émise, accessible au plus grand nombre puisque sa coupure est fixée à 2.000 dollars, se traite dans les premiers échanges aux alentours du pair.