Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
1 000 Mds$ désintégrés en l’espace de deux mois sur les FAANG ! Une situation qui ne trouve pas beaucoup d’équivalent depuis une décennie…
Les comptes sont justes depuis mardi soir, à la suite du « sell-off » qui a ramené le Nasdaq au contact des 6 830 points, c’est-à-dire à son niveau plancher du 3 avril dernier, mais aussi tout près du plancher annuel de clôture des 6 777 points du 8 février dernier.
Le Dow Jones a quant à lui retracé à 0,1% près son plancher des 24 442 points du 29 octobre dernier.
Graphiquement, tout cela est très « propre » puisqu’en y rajoutant le re-test des 4 895 points par le CAC40 et celui des 3 100 points par l’Euro Stoxx 50, on frôle l’ébauche d’un scénario de double creux (ou « W » haussier) qui se rapproche de l’idée qu’un « chartiste » peut se faire de la perfection.
▶ Le secteur de la distribution boit la tasse à l’approche du Black Friday
La dernière séance précédent le long pont de Thanksgiving pouvait offrir aux consommateurs américains une occasion de se rassurer, avec une reprise de Wall Street de nature à sabrer le champagne et du type de celle observée le 7 novembre 2016 (+2%), le lendemain même de l’élection de Donald Trump.
Sauf que rien de tel ne s’est produit et que la séance de mercredi a été décevante. Et peut-être même inquiétante d’un point de vue technique et psychologique, puisque les principaux indices américains ont fini au plus bas du jour.
Le Dow Jones a ainsi effacé une hausse initiale de 200 points pour clôturer dans le rouge (-0,004%, à 24 465 points). Tout un symbole…
▶ Le risque italien se précise
Les opérateurs américains n’ont peut-être pas voulu prendre de risque avant Thanksgiving, considérant que de mauvaises nouvelles pourraient surgir d’Europe, après le nouveau rejet du projet de budget italien par Bruxelles.
Cette nouvelle fin de non-recevoir pourrait se solder par des sanctions et par une amende susceptible d’atteindre jusqu’à 0,5% du PIB, soit 3,4 Mds€, ce qui amputerait de moitié la croissance anticipée pour 2019 et pourrait rien de moins que sonner le glas de la présence de l’Italie dans l’eurozone.
Mais Wall Street a également pu sanctionner la révision à la baisse des projections de l’OCDE concernant la croissance mondiale. L’organisation ne table en effet plus que sur une progression de 3,5% l’an prochain, contre 3,7% précédemment, et n’exclut par ailleurs pas un recul autour de 3% en 2020, si d’aventure un affrontement sino-américain devait avoir un impact négatif de 0,5 point sur le PIB américain et de 0,8 point sur le PIB chinois…
Le phénomène le plus préoccupant de ces trois dernières séances reste toutefois le calvaire enduré par les valeurs phares de la distribution. L-Brands a ainsi dévissé de 17,8%, tandis que Target a cédé 10,5%, Ross Stores 9,4%, Kohl’s 9,3%, Qurate Retail 6,9% et Loewe 5,7% (!).
Loin de rebondir hier, même symboliquement, Ross Stores a encore reculé de 1,2% et Best Buy a lâché 2,3%. D’aucuns auraient pu penser qu’Amazon (NASDAQ:AMZN) raflerait symétriquement la mise, mais le géant de l’e-commerce a chuté de près de 10% entre lundi 15h30 et mardi 16h30, de 1 575 à 1 420$.
Le titre qui s’était hissé jusque vers 1 780$ le 8 novembre dernier a ensuite reperdu 20% en l’espace de huit séances…
Ce sont donc les soldes à Wall Street, mais même à -10% sur le S&P par rapport au zénith du 3 octobre et à -20% sur les GAFA, les opérateurs n’achètent toujours pas. Peut-être sont-ils déjà convaincus qu’il suffira d’attendre une semaine de plus pour obtenir du -30%…