Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
Les chaînes d’info financières se sont empressées mercredi après-midi de mettre à la une un nouveau record absolu pour le Dow Jones. Sous-entendu, « ça y est, Janet a débloqué la situation ». Qu’il était tentant d’y croire puisqu’en même temps que les géants historiques du DJIA, les jeunes pousses et les midcaps du Russel 2000 inscrivaient leur deuxième meilleure marque de l’histoire, à 1 431 contre 1 433 points mi-juin. Les grosses, les petites… tout le cheptel boursier semblait se transformer en bulls bien déterminés à progresser loin vers le nord et ses vertes pâturages.
Mais pas d’emballement, le « verbe magique » de Janet Yellen est probablement très surestimé : le marché lui est surtout reconnaissant de ne pas avoir osé répéter devant le Congrès que les actifs sont surachetés et constituent une menace pour la stabilité financière. En réalité, le Dow Jones n’a pas vraiment marqué de point. Pour emprunter une métaphore de saison (Wimbledon bat son plein à Londres), la balle est tombée « pleine ligne ». Et ce n’est ni une balle de set et encore moins balle de match… car rien n’est joué.
Le Dow Jones a certes inscrit l’espace de quelques secondes un nouveau record à 21 580 points mais s’il affiche sa meilleure clôture de tous les temps, c’est de l’épaisseur du trait, à 21 535 contre 21 529 points le 19 juin. L’indice peine toujours à s’extraire par le haut de l’interminable corridor de consolidation horizontale 21 290/21 530. Et même s’il y parvenait, cela ne libérerait qu’un potentiel haussier mécanique de 250 points, ce qui l’amènerait autour des 21 780 points. Et même si les permabulls espèrent beaucoup plus, avec une Fed qui navigue à vue et une croissance atone, cela tiendrait du miracle.