Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
La séance du mercredi 2 septembre fut celle dont tout investisseur peut rêver : tout montait, les actions les plus offensives comme les bons du Trésor les plus défensifs, les ETF à effet de levier ” full risk on” comme les obligations corporate offrant les meilleurs rendement (“risk off”).
Oui, un scénario idéal magnifié par un feu d’artifices de records absolus : un 22ème record annuel pour le S&P500, un 42ème pour le Nadsdaq (et un 13ème en 15 séances). Difficile d’avancer une explication sur la seule base de l’actualité du jour ou du concept de poursuite de momentum haussier, car tout s’accélère sans catalyseur identifiable.
Et puis, après une envolée de +2% des places européennes (elles étaient attendues en hausse de seulement 0,6% le matin même) et une clôture euphorique de Wall Street, voilà que commença à circuler “l’information fantôme” que tous les opérateurs non-initiés soupçonnaient.
Selon une dépêche du New York times, les autorités de santé publique (CDC) demandent aux Etats de l’Union de se préparer à distribuer un futur vaccin contre le Covid évoqué par Donald Trump dès la fin octobre, pour une campagne de vaccination massive débutant le 2 novembre, à la veille des élections présidentielles.
Car voyez-vous, le monde est finalement bien fait: le risque de contamination pouvait dissuader les électeurs de voter “physiquement” et leur faire préférer le vote par correspondance dont Trump a prévenu qu’il pourrait être piraté (par les Russes, les Chinois, les Nord-Coréens… ?) et empêcher de déterminer qui serait le prochain Président des Etats-Unis (en attendant un résultat viable, ce qui pourrait prendre des mois).
Dans l’idéal, il faudrait que ce soit un laboratoire américain qui accomplisse l’exploit d’avoir mis au point en 10 mois un vaccin sans “phase 3” quand cela prend d’ordinaire de 3 à 10 ans, et souvent sans atteindre 100% d’efficacité, avec des effets secondaires parfois malencontreux.
Quiconque mettrait en doute la “validité” de ce vaccin miraculeux, devenu disponible au moment le plus stratégique de l’année 2020 serait traité de “complotiste”… ou pire, de Démocrate.
L’obligation de porter un masque en toute circonstance dans l’espace public (il y a 4 mois, “cela ne servait à rien”), la quasi-impossibilité de prendre l’avion pour changer d’ambiance, le matraquage permanent de clips et de statistiques anxiogènes faisant de chacun de nous un “Grand Contaminateur” en puissance, capable de saturer des services de réanimation redevenus quasi déserts… tout cela devrait favoriser un consentement massif à la vaccination !
Il n’y a que des esprits sceptiques jusqu’à la paranoïa pour estimer que tout cela est admirablement scénarisé.
Alors savourons sans entrave les effets de l’espoir d’un monde sans virus qui renaît… et cette hausse de +1,6% du Dow Jones à 29.100, son plus gros gain depuis le 14 juillet.
Plus que 1,5% à reprendre pour retrouver les sommets absolus du 12 février: au rythme actuel, ce sera chose faite dès ce jeudi 3 septembre.
Il lui sera cependant difficile de rattraper le Nasdaq d’ici les 1er novembre, date de la 1ère vaccination… qui va tomber le jour d’Halloween (je ne sais pas s’il faut y voir un bon ou un mauvais présage).
Car le Nasdaq a pulvérisé un 42ème record à 12.075, soit +34,4% de gain annuel… cela fait 32,5% de plus que le Dow Jones, et le Nasdaq-100 affiche même +40%.
Mais qui sait, avec une bonne piqûre de dopant monétaire, le Dow Jones a peut-être encore toutes ses chances.
Ce sera en revanche “compliqué” pour le CAC40 qui malgré ses +1,7% à 5.120 points accuse toujours 50% de retard par rapport au Nasdaq.
Et le plan de relance de 100 Mds€ du gouvernement présenté ce jeudi matin (soit moins de 5% du PIB français) accuse également un léger retard par rapport à ceux déjà lancés aux Etats-Unis et qui représentent 15% du PIB américain… et bientôt plus de 20% si le “Covid plan” à 1.300 Mds$ est adopté avant la mi-septembre.