Les cours du pétrole se maintenaient près de 66 dollars à Londres lundi en fin d'échanges européens, soutenus par un regain d'optimisme général sur l'économie mondiale et par une progression continue des Bourses d'actions.
A 16H00 GMT (18H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre gagnait 46 cents, à 65,84 dollars, par rapport à la clôture de vendredi, sur l'InterContinental Exchange (ICE).
A la même heure, le brut léger texan (WTI) prenait 12 cents à 63,68 dollars sur le New York Mercantile Exchange.
Après avoir grimpé sans discontinuer depuis le début de l'année jusqu'à atteindre 73,50 dollars en juin, les prix du brut ont fortement rechuté en juillet, replongeant sous 60 dollars. Ils ont ensuite entamé la semaine dernière un mouvement de rebond, grimpant jusqu'à 66,70 dollars à Londres.
"La vraie question à laquelle il faudra répondre cette semaine est de savoir si les prix sont encore inscrits dans une tendance à la hausse de long terme par rapport au début de l'année, ou si le mouvement récent de baisse est une nouvelle tendance", estime Peter Beutel, le fondateur du cabinet américain Cameron Hanover, en résumé des incertitudes qui planent sur le marché pétrolier.
"Sur la base d'une amélioration attendue des conditions de demande et d'une baisse continue des stocks de brut, les prix du pétrole devraient rester bien soutenus, dans la fourchette haute des 60 dollars ou dans le bas des 70 dollars", jugent pour leur part les analystes de Barclays Capital.
Pour le moment, les cours du brut restaient portés par une vague générale d'optimisme née la semaine dernière des résultats de Goldman Sachs, Citibank, Bank of America. Lundi, les Bourses comptaient de surcroît sur un sauvetage du groupe de services financiers CIT.
Les gains du WTI new-yorkais étaient moins prononcés, pour des raisons techniques: le contrat pour livraison en août qui sert encore de référence, expire mardi, une échéance incitant les investisseurs à vendre ce contrat pour se reporter sur le contrat de septembre.
Stimulés non par une reprise tangible de la demande mais par des facteurs exogènes -- mouvements de la Bourse américaine, valeur du dollar et grands indicateurs macroéconomiques -- le marché pétrolier reste dans l'ensemble vulnérable, soulignent des analystes.
"Un retrait des prix est toujours dans les possibilités, même si les cours brisent le seuil de résistance de 66 dollars (ce qui s'est produit lundi matin, ndlr)", estime ainsi Andrey Kryuchenkov, analyste de VTB Capital.
Les prix devraient se maintenir autour de 70 dollars sous réserve que "d'autres incertitudes sur la régulation du marché n'apparaissent pas et que le pessimisme macroéconomique ne ressurgisse pas", précisent en outre les analystes de Barclays.
Le gendarme américain du marché des matières premières CFTC cherche actuellement à mieux réguler le marché et limiter la spéculation. Les nouvelles règles pourraient peser sur les prix, estiment les analystes.
Sur le front de la demande, la situation reste par ailleurs préoccupante aux Etats-Unis, avec des stocks de distillats massifs et une consommation d'essence toujours faible, alors que la saison des grands déplacements automobiles bat son plein.
"Le tableau de l'offre et la demande paraît sombre et il reste bien trop d'incertitudes sur les perspectives de demande", soulignait ainsi Nimit Khamar, de Sucden.
Toutefois, des signes de consommation dynamique ont été relevés en Asie, notamment un bond de l'activité des raffineries chinoises, au plus haut depuis 16 mois.