Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
Dans moins de dix jours, l’été arrive. Comme moi, vous vous dites peut-être que vu les températures ambiantes, il serait temps, mais promis, aux dires de météorologues les températures devraient enfin être de saison dans les prochains jours. Un réchauffement qui, au niveau boursier, me pousse à un focus particulier sur un segment sur lequel je suis « chaud » : l’or.
Comme je vous le disais dans mon dernier article, autant durant le printemps, saisonnalité oblige, je n’ai eu de cesse de chercher à vendre les indices, autant dans les jours et semaines à venir je pense que le secteur aurifère pourrait être bien être LE « bon coup » à jouer.
Ceux qui sont habitués à me lire depuis un certain temps dans ces colonnes le savent : je surveille une importante zone de résistance oblique sur le métal précieux, laquelle bloque les cours depuis début 2018.
Comme toujours en Bourse, il n’est pas facile de savoir quand cette résistance va céder, mais étant donné la structure des cours, les choses pourraient aller très vite après sa cassure. Les éléments ne cessent en outre de s’accumuler ces derniers temps dans l’optique d’un prochain franchissement.
Un environnement obligataire, monétaire et pétrolier propice…
Au niveau fondamental tout d’abord, alors que les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis restent vives (c’est même un doux euphémisme étant donné la posture de Pékin et les derniers tweets de Donald Trump), l’Empire du Milieu a ajouté le mois dernier près de 16 tonnes d’or à ses réserves.
Le but est bien sûr de diversifier ses avoirs par rapport au dollar. Et quand vous avez en face de vous un acheteur de ce poids, il n’est pas facile d’être structurellement « short » en face…
L’environnement obligataire actuel est par ailleurs propice. A cet égard, je pense qu’il ne vous aura pas échappé que l’argent entrant dans ce segment des deux côtés de l’Atlantique écrase mécaniquement les rendements. Les obligations américaines n’ont évidemment pas été en reste et sont même, comme toujours en réalité, à l’origine de ce phénomène (cf. le canal bleu clair sur les obligations à 10 ans américaines, le T-Note, ci-dessous) :
Mais qui dit baisse des rendements dit soutien indirect à l’or. En effet, la relique barbare ne rapporte rien (son rendement est nul et aucun coupon ou dividende n’est versé, contrairement aux actions). De fait, moins les obligations américaines rapportent, sachant qu’il s’agit là aussi d’un autre refuge connu en temps de crise, moins l’or souffre de la comparaison.
L’évolution de l’Eurodollar pourrait être un autre catalyseur, car si la paire devait finir par sortir par le haut de sa large figure de consolidation de moyen terme (visible en bleu clair dans mon dernier article sur le sujet, paru fin avril), la conjoncture n’en serait que plus favorable à l’or (considérant que le métal précieux et le billet vert ayant une bonne « relation inverse »).
Reste le cas du pétrole, alors que le baril de WTI est retombé sous les 52 $ hier, ce qui fait les affaires de l’once de métal fin. Et pour cause : pour les minières aurifères, le coût d’extraction de l’or est en grande partie lié au pétrole.
Il va sans dire que le coût de revient unitaire d’extraction d’une once d’or diffère selon que le baril soit à plus de 80 $ ou sous les 50 $. Or, nous approchons justement de cette zone basse…
Je ne serais donc pas étonné de voir les GDX et autres GDXJ (les minières aurifères, juniors ou non) enfin sortir de leur consolidation descendante en place depuis la fin 2016 (cf. le rectangle bleu clair + flèches de couleur sur mon graphique hebdomadaire ci-dessous).
Auquel cas, une hausse de 40 voire 50% sur ce secteur serait techniquement possible (cf. les flèches noires à double sens). Et dans cette hypothèse, voir la capitalisation boursière de certains petits acteurs doubler dans les prochains mois ne serait pas illogique…