La victoire de Trump à la présidentielle a eu pour conséquence de rebattre les cartes sur les marchés financiers. Voici trois exemples de sociétés dont les obligations ont été, ou pourraient être, influencées par la nomination du candidat républicain et/ou son programme économique.
Sprint Communications
Certains intervenants de marché estiment que l'administration Trump devrait créer un cadre plus favorable aux opérations de fusions-acquisitions, dans le secteur des télécoms notamment. Les spéculations sur un rapprochement entre l'opérateur de téléphonie mobile Sprint et T-Mobile US (NASDAQ:TMUS) ont dès lors été relancées ces dernières heures. On se souvient que les deux compagnies avaient déjà tenté de fusionner en 2014, mais le régulateur américain avait bloqué leur projet.
L’avenir dira si ces investisseurs ont vu clair. Entre-temps, le marché semble considérer qu’un rapprochement entre les deux groupes aura des conséquences positives pour Sprint.
L'obligation Sprint Corp (7,125% - 2024) a ainsi gagné quelques points ces derniers jours pour atteindre un cours de 99%, correspondant à un rendement annuel de 7,30%. Négociable par coupures de 2.000 dollars, cette émission est notée « B » dans la catégorie spéculative chez Standard & Poor’s.
Deutsche Bank (DE:DBKGn)
Selon les analystes de la Barclays (LON:BARC), la victoire de Trump pourrait avoir des conséquences posistives pour la Deutsche Bank. Celle-ci pourrait en effet solder plus rapidement que prévu, et à de meilleures conditions, son litige avec les autorités américaines, expliquent les analystes de l'institution financière britannique.
'Certains démocrates actuellement en poste au département américain de la Justice (DoJ) ne devraient plus rester en fonction bien longtemps', signale Barclays dans une note. 'Accélérer les règlements de litiges avec les banques pourrait être une façon de mettre fin à leur mandat à la DoJ avec le sentiment du devoir accompli', précise-t-elle.
Pour rappel, la Deutsche Bank est accusée d’avoir vendu des titres financiers adossés à des prêts hypothécaires résidentiels douteux entre 2005 et 2007, avant l’explosion de la crise des subprimes. Elle risque une amende de l’ordre de 14 milliards de dollars.
La première banque allemande, comme les autres valeurs bancaires d’ailleurs, devrait aussi profiter de la remontée des taux d'intérêt à long terme observée depuis les élections américaines. La promesse de Donald Trump d'augmenter les investissements dans les infrastructures a nourri les craintes d'une remontée de l'inflation et, partant, entraîné une hausse spectaculaire des taux d’emprunt sur les maturités les plus longues.
Par ailleurs, Trump entend remettre en cause la nouvelle régulation financière issue de la dernière crise. Enfin, soulignons les relations privilégiées entre Donald Trump et l'institution financière allemande. Selon le quotidien français Les Échos, la DB est un partenaire financier clé et de longue date de l'homme d'affaires américain, même si les relations n'ont pas toujours été au beau fixe.
Sur le marché de la dette, le scrutin américain se solde pour l'instant par une relative stabilité du prix des obligations Deutsche Bank libellées en euro. Pour ne citer qu'elle, l'obligation (2,75% - 2025) peut être achetée à 88,50%, correspondant à un rendement de 4,44%. Négociable par coupures de 1.000 euros, cette émission subordonnée est notée « BB+ » dans la catégorie spéculative chez Standard & Poor’s.
Cemex
Quant au cimentier mexicain Cemex, il pourrait être un des grands perdants du vote présidentiel.
'Je dirais que Cemex est l'exemple parfait du type d'entreprise qui souffrira si Trump gagne la Maison-Blanche, malgré la construction du mur', avait déclaré il y a peu sur CNBC le célèbre chroniqueur boursier américain Jim Cramer.
Pour rappel, le programme de Donald Trump prévoit la construction d'un mur en béton le long de la frontière mexicaine et la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna).
'Si Trump fait effectivement construire ce mur et s'il parvient à faire payer le Mexique pour ce projet, Cemex pourrait être un fournisseur de premier choix pour le béton', avait déclaré Cramer. 'Toutefois, cela ne suffira pas à compenser les dommages consécutifs à une renégociation de l'Aléna', avait-t-il ajouté.
Sur le secondaire, l'obligation (4,625% - 2024) se traite désormais à 100,55%, contre plus de 102% début novembre. Son rendement annuel progresse lui à 4,53%. Cette émission notée « B+ » dans la catégorie spéculative se négocie par coupure(s) de 100.000 euros en nominal.