Leader européen du camping-car, Trigano a publié la semaine passée des chiffres trimestriels époustouflants. De quoi accentuer le momentum haussier dont bénéficie l’action du groupe désormais valorisé à plus de quatre milliards d’euros.
Devenu à la faveur d’une politique d’acquisitions rondement menée le leader européen des véhicules de loisirs (environ un tiers du marché), Trigano a vu sa position renforcée en marge de la crise sanitaire.
En atteste l’évolution d’un cours de bourse quadruplé depuis mars 2020, et de ventes en plein boom pour le constructeur actif sous la marque éponyme mais aussi Elnagh, Chausson et Adria.
Les revenus du groupe contrôlé à 71% par la famille Feuillet ont ainsi plus que doublé à 905 millions d’euros sur le seul second trimestre, laissant entrevoir pour la première fois un chiffre d’affaires annuel dépassant les trois milliards d’euros.
Inutile de préciser que le marché des camping-car, vans et accessoires associés a littéralement explosé à mesure que la crise sanitaire s’intensifiait, et avec elle son lot de restrictions des voyages. Tout profit pour les petites maisons roulantes, synonymes de vacances en solo loin des hôtels, des villages touristiques et des maisons de vacances, bref, loin des repères à virus.
Du côté de Trigano, on tempère toutefois en rappelant que le coronavirus n’est jamais venu que renforcer une tendance latente favorable au marché, qui connait depuis plus de 10 ans une dynamique de croissance régulière.
Une situation au beau fixe qui permet à la société de solidifier encore davantage un bilan présentant un très faible endettement et un important matelas de liquidités.
A la question justement de savoir si Trigano pourrait reverser une partie de son abondante trésorerie (plusieurs centaines de millions d’euros) à ses actionnaires, sous quelque forme que ce soit, le management note que "la priorité a toujours été à la croissance externe dans laquelle le groupe a démontré son savoir-faire".
Un potentiel à deux chiffres pour l'action?
Fait assez rare pour le souligner, les courtiers qui suivent le dossier recommandent tous sans exception d’acheter l’action, et ce malgré la forte progression de la valeur.
Dernier en date, Berenberg qui a relevé de 200 à 230 euros son objectif de cours sur Trigano, soit un potentiel de 20% sur base du dernier cours de clôture (191 euros).
Malgré les défis liés aux chaînes d’approvisionnement et à l'inflation des coûts de production, la banque d'investissement allemande constate que Trigano continue d'enregistrer de solides performances, aidées par des augmentations de prix du catalogue qui n'ont rencontré que peu de résistance.
"Tout cela est de bon augure pour la rentabilité", précise le courtier, sachant que "la performance historique des marges opérationnelles a été fortement corrélée à la croissance des ventes".