Vodafone (LON:VOD), le groupe de télécommunications britannique, vient d'annoncer sa volonté d'exploiter ses tours télécoms en Europe via une nouvelle entité. Elle pourrait être cotée en bourse, ce qui réduirait l'endettement de Vodafone, le deuxième plus grand opérateur mobile en nombre d'abonnés derrière China Mobile.
Une nouvelle entité à créer
La nouvelle structure, baptisée TowerCo, regroupera le plus grand portefeuille de tours de télécommunications en Europe, soit plus de 60.000 tours réparties dans 10 pays. Près de 75% d'entre-elles se situent en Allemagne, Espagne, Italie et au Royaume-Uni, les principaux marchés de Vodafone. Opérationnelle en mai 2020, la nouvelle entité représentera un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 1,7 milliard d’euros et devrait générer un excédent brut d’exploitation (Ebitda) d’environ 900 millions d’euros.
Différents scénarii sont à l'étude mais selon Nick Read le CEO, " ...il existe une opportunité substantielle de libérer la valeur intrinsèque de nos tours. Nous préparons plusieurs options stratégiques, y compris une éventuelle introduction en bourse. Ces pistes seront explorées au cours des 18 prochains mois en fonction des conditions du marché".
Cette annonce a relégué au second plan la publication des résultats trimestriels du groupe (au 30 juin 2019, le chiffre d’affaires de 10,7 milliards d’euros s'inscrit en légère baisse sur un an), suscitant l’enthousiasme à la Bourse de Londres où l'action a bondi de 11%.
Un enthousiasme durable ?
S'il est difficile au stade préliminaire de ce plan de tirer des conclusions définitives, près de 2/3 des analystes recommandent le titre à l'achat et 27% d'entre eux le conservent en portefeuille. La société JP Morgan estime même qu'après le deal des tours, l'action du Groupe serait sous-évaluée et calcule qu'une progression de 50% n'est pas à exclure. D'autant souligne l'analyste américain, que le cours actuel de l'action surestime les risques auxquels Vodafone fait face (saturation des dépenses des consommateurs, perspectives incertaines de croissance en Europe) et que le management s'attèle à réduire.
Ce scénario optimiste du courtier ne doit pas occulter les facteurs structurels qui pèsent sur le secteur, tes qu'une réglementation européenne limitant les possibilités de consolidation dans le secteur. Par ailleurs, le groupe fait aussi face à une compétition féroce dans les pays émergents où il se positionne comme un acteur majeur dans le domaine des transferts de flux financiers.
Les investisseurs qui aiment le risque pourraient être amenés, dans ce contexte, à acheter l'action, profitant par la même occasion d'une Livre sterling qui tutoie ses plus bas depuis près d'un an.
Les investisseurs les plus prudents verront eux dans l'obligation Vodafone à échéance au 26 septembre 2022, émise en dollar et qui se traite aux alentours de 100,79%, une opportunité de diversification. Le titre, qui se négocie en dollar, se traite en effet par coupures de 1.000 dollars. Il dispose d'un rating S&P de la catégorie Investment Grade et affiche un rendement de 2,26%.