Barack Obama devait recevoir mercredi des chefs du Congrès à la Maison-Blanche, alors qu'une proposition du Sénat présentée la veille était à l'étude pour relever le plafond de la dette avant le 2 août afin d'éviter un défaut de paiement.
"Le 2 août est une vraie date butoir qui arrive vite (...) mais nous avons toujours le temps de faire quelque chose de significatif", a déclaré mercredi le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney, en annonçant que les chefs démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat étaient conviés à la présidence pour une réunion à 14H50 (18H50 GMT).
Peu après, M. Carney a annoncé sur son compte Twitter que M. Obama recevrait les chefs de file des républicains à la Chambre des représentants, Eric Cantor et John Boehner, dans une rencontre séparée à 17H00 (21H00 GMT).
Par ailleurs, pour la première fois, M. Carney a laissé entrevoir la possibilité d'un accord de courte durée pour éviter le défaut de paiement, le temps de "finaliser les détails" d'un plan plus vaste.
Mercredi matin, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, s'est dit "confiant" au sujet de la capacité du Congrès à trouver une issue à la crise. "Nous avons une piste ici au Sénat", a-t-il dit en évoquant les différents plans qui ont été présentés, et notamment un ensemble de mesures concocté par un groupe de sénateurs des deux bords surnommé la "bande des six".
M. Reid et plusieurs autres élus ont suggéré que des "éléments" de ce plan pourraient faire partie d'un accord final.
De son côté, le président Obama a salué "l'approche" proposée dans le plan. Il avait mardi qualifié de "bonne nouvelle" le plan de la "bande des six" qui prévoit notamment une réduction des dépenses de 3.600 à 3.700 milliards de dollars sur 10 ans.
Mais M. Boehner estime que la proposition comporte des "lacunes".
Pendant ce temps, la pression continuait de monter à Washington. Dans une note datée de mardi, un économiste de la banque Goldman Sachs, Andrew Tilton, se demande si l'impasse politique à Washington n'est pas "déjà en train de causer du tort à l'économie" américaine.
La Chine a renouvelé mercredi son appel pour que Washington protège les intérêts des investisseurs, alors que des agences de notation ont mis en garde contre une possible dégradation de leur évaluation de la dette souveraine des Etats-Unis.
Le blocage s'éternise car les démocrates veulent une politique de réductions des déficits comprenant davantage de recettes fiscales, et les républicains ne veulent entendre parler que de réductions budgétaires draconiennes.
M. Obama devait de son côté continuer à prendre les Américains à témoin de la nécessité d'une approche "équilibrée" du problème de la dette, en accordant mercredi des entretiens à trois chaînes de télévision locales, dont une de l'Etat électoral clé de l'Ohio (centre) et une autre de Los Angeles, la deuxième ville la plus peuplée des Etats-Unis.
Poussée par les républicains et leur aile droite ultraconservatrice, la Chambre des représentants a approuvé un texte de réduction budgétaire drastique qui n'a aucune chance d'être adopté au Sénat, à majorité démocrate. M. Obama a par ailleurs affirmé qu'il le frapperait de veto.
Passé ce vote symbolique, M. Reid espère que les républicains vont examiner d'autres options pour relever le plafond de la dette qui a atteint son maximum à 14.294 milliards de dollars depuis la mi-mai.
Parallèlement, M. Reid et le chef de la minorité républicaine Mitch McConnell travaillent à un "plan B" pour éviter en dernier ressort le défaut de paiement des Etats-Unis. Ce plan accorderait au président seul le pouvoir d'augmenter en trois fois le plafond de la dette d'ici fin 2012.