L’agence d'évaluation financière Moody's a abaissé d'un cran la note de la dette à long terme du numéro un mondial de l’exploitation sidérurgique et minière ArcelorMittal. Ce dernier est désormais noté « Ba2 » contre « Ba1 » précédemment.
La dette émise par le géant de l'acier devient donc un peu plus spéculative aux yeux de Moody's. D'autant que la perspective associée au rating reste négative, ce qui signifie qu'un nouvel abaissement n’est pas à exclure à moyen terme.
Dans son rapport, l'agence justifie sa décision en raison de la faible performance opérationnelle du groupe depuis le début de l'année civile, dans un contexte de baisse des prix de l'acier, et par un recul significatif de la rentabilité de ses activités minières.
Et si Moody's a constaté que les marges s'étaient améliorées dans l'acier en Europe, elle estime que la rentabilité devrait rester faible jusqu'à la fin de l'année, "avec peu d'espoirs de reprise à court terme".
Avertissement sur résultat
Il s’agit assurément de la deuxième mauvaise nouvelle en quelques jours pour le géant de l'acier, qui annonçait il y a tout juste une semaine son quatrième avertissement sur résultats en trois ans.
Le groupe prévoit désormais de réaliser un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 5,2 à 5,4 milliards de dollars cette année, contre 6 à 7 milliards attendus jusqu’à lors. Les détériorations des conditions d’exploitation, l’influence négative de la Chine sur les prix de l’acier et la baisse des volumes de commandes justifient cet ajustement, peut-on lire dans le communiqué du groupe.
Concernant la Chine justement, le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron a déclaré hier soir que l'Europe n'acceptera pas le "dumping" pratiqué par la Chine sur le marché mondial de l'acier, en marge d'un conseil européen consacré à la crise du secteur sidérurgique.
Suspension du dividende
ArcelorMittal s'attend toutefois à ce que ses besoins en trésorerie diminuent d’environ un milliard de dollars, grâce à la baisse des dépenses d’investissement, à des charges d’intérêts moins élevées et à la suspension du dividende 2015. Cette dernière mesure devrait permettre à l’entreprise d’économiser 360 millions de dollars, selon des déclarations du directeur financier à Bloomberg.
Dans ce contexte, le sidérurgiste s’attend à maintenir un flux de trésorerie positif l’année prochaine, à poursuivre la réduction de sa dette nette (15,8 milliards de dollars fin septembre) et à maintenir son niveau de liquidité à un niveau élevé.
Un rendement de 5,6% pour l’obligation en euros
Sur le marché secondaire, les obligations émises par le géant de l’acier reculaient ce vendredi matin.
L’obligation (3% - 2021) libellée en euros se traite désormais à 88% du nominal, contre 90% en début de semaine. Le rendement annuel est porté à 5,60% (coupure de 100.000 euros).
En dollars, le groupe sidérurgique est notamment présent sur l'échéance 1er juin 2020 au coupon de 5,125%, qui se traite à 92% du nominal contre 93,50% en début de semaine. Son rendement atteint plus de 7%. La coupure de négociation est de 2.000 dollars (risque de change à prendre en compte).
Standard & Poor’s et Fitch Ratings, les deux autres grandes agences de notation, considèrent également la dette d’ArcelorMittal comme spéculative avec des ratings respectifs de « BB » et « BB+ ».