Publié à l'origine sur la Bourse au quotidien.fr
Même si Rexel (PA:RXL) a repris un peu plus de 18% depuis le début de l’année, l’action abandonne encore quelque 25% sur un an. Une sévère contreperformance pour l’un des leaders mondiaux dans la distribution professionnelle de matériel électrique quand on sait que le SBF120 n’a dans le même temps reculé que de 3%.
Celle-ci s’explique par de vives inquiétudes de la communauté financière quant au business model du groupe, lequel se retrouve aujourd’hui aux prises avec une vive concurrence. Je pense notamment à l’offre Amazon (NASDAQ:AMZN) Business à destination des professionnels, dévastatrice quoique lancée il y a à peine quatre ans, mais aussi aux acteurs français Schneider Electric (PA:SCHN) et Legrand (PA:LEGD), qui ont développé leurs propres services de distribution.
Le digital et l’amélioration du service clients, deux chantiers prioritaires
Résultat des courses : le marché est devenu très atomisé, avec un Top 10 qui ne réalise qu’un quart de ses ventes au niveau mondial, ce qui pousse Rexel, fort d’un réseau de 2 000 agences disséminées dans 26 pays, à se réinventer et à explorer de nouvelles pistes de croissance.
Parmi elles figure bien entendu le digital, qui représente aujourd’hui environ 16% du chiffre d’affaires global, mais dont la contribution à horizon 2020 est attendue autour de 20%. Il s’agit là d’une priorité pour la direction, qui entend également améliorer le service clients, et consacrer désormais la moitié des investissements annuels à l’extension des fonctionnalités et au développement sur la Toile.
Elle est d’autant plus attendue au tournant que le fonds activiste suédois Cevian Capital, entré fin 2015 autour de 12€, c’est-à-dire nettement au-dessus des cours actuels, détient à présent plus de 19,5% des actions. Autant dire qu’il ne saurait se contenter de résultats moyens et d’un cours boursier en déshérence…
Des prévisions sans grand éclat
Parus la semaine dernière, les comptes annuels ont notamment révélé une progression de l’Ebita ajusté (qui correspond peu ou prou au résultat d’exploitation) de 6,1% par rapport à 2017 à 608,3 M€, d’où une marge en hausse de 10 points de base à 4,6%. Quant à la dette nette, elle est tombée sur des niveaux de 2 Mds€, soit un ratio dette nette sur Ebitda de l’ordre de 2,7.
Il convient néanmoins de poursuivre sur cette lancée en 2019, par le biais notamment de cessions d’actifs non-stratégiques, et étant entendu que les prévisions sont assez modestes à ce stade. La hausse des ventes à nombre de jours constants est ainsi attendue dans une fourchette comprise entre 2 et 4%, tandis que la croissance de l’Ebita devrait s’établir entre 5 et 7%.
Pas sûr que le cours de Bourse surfe sur ces annonces, même si l’action offre une décote de l’ordre de 20% par rapport à ses comparables.
Le titre n’est en effet pas cher dans l’absolu avec un PER de 8 ou encore une VE/CA de 0,4, mais il me semble qu’il faudrait vraiment d’excellentes nouvelles pour que la progression du titre se poursuive. Partant, il me paraît judicieux d’attendre encore un peu avant de revenir sur le dossier…