L'Asie entame la semaine avec un faible appétit pour le risque, le yen étant tombé à un plus bas de 18 mois. L'USD/JPY a chuté à 106.28 après la publication d'un PMI manufacturier d'avril en recul à 48.2 contre une estimation de 48.0 et une lecture finale de 49.1en mars. L'Asie boursière a évolué dans le rouge, à commencer par le Nikkei qui a abandonné-3.50%. Les volumes des échanges ont toutefois été limités, la Chine, Hong Kong et Singapour faisant relâche pour la fête du travail. Le ministre japonais des Finances Taro Aso a déclaré que la récente appréciation du yen tenait à des mouvements spéculatifs et que le Japon se tenait prêt à réagir. Cette confirmation de son intention de mener des interventions directes sur le marché des changes survient malgré le rapport du ministère des Finances US au Congrès, qui met en cause le Japon (ainsi que la Chine la Corée du Sud, Taïwan et l'Allemagne) pour avoir utilisé la dévaluation compétitive afin de gagner un avantageà l'exportation. Le rapport répète qu'il est important que les pays respectent l'accord des G7 et G20 concernant la politique de change. Les interventions verbales devraient s'intensifier à fur et à mesure de l'approche des 105 par l'USD/JPY, mais une intervention sur le marché des changes nous paraît vouée à l'échec, car une tentative unilatérale visant à provoquer un rebond conséquent de l'USD/JPY sans reprise des attentes de hausse des taux de la Fed serait futile.
Le dollar s'est affaibli face aux monnaies du G10 et s'est montré partagé vis-à-vis des émergentes asiatiques, donnant peu d'indications quant à sa direction cette semaine. La Fed ayant laissé entrevoir deux relèvements de 25 pb en 2016, dont l'un peut-être en juin, alors que nous n'en anticipons qu'un seul, nous ne voyons pas de raison sérieuse justifiant un renforcement du dollar à court terme. Plusieurs membres de la Fed doivent s'exprimer cette semaine, ce qui pourrait modifier les attentes autour de la réunion de juin. De plus, un nouveau bon rapport sur l'emploi est prévu, avec des NFP anticipées à plus de 200k. Bien que les marchés soient désormais blasés sur le sujet, une autre lecture solide pourrait les inciter à pousser le billet vert à la hausse sur le court terme.
En Chine, le PMI manufacturier s'est établi à 50.1 en avril, contre des attentes de 50.4. Le PMI non manufacturier de mars est ressorti en recul à 53.5 après 53.8. Les PMI manufacturiers de mars et d'avril se sont inscrits au-dessus du seuil des 50, ce qui indique une expansion, mais nous pensons qu'ils témoignent davantage d'une stabilisation que d'une perspective d'accélération.
En Australie, les conditions d'activité des entreprises ont glissé à 48.2 en avril, après 49.1 pour la lecture finale de mars. La confiance des entreprises est tombée à 5 contre 6 en mars. En outre, l'indice AIG de performance de l'industrie manufacturière a fléchi de 4.7points à 53.4. Ces chiffres décevants et la baisse des prix des matières premières ont pénalisé l'AUD/USD, qui a consolidé autour des 0.7610. L'annonce la semaine dernière de l'effondrement inattendu de l'inflation sous-jacente et les statistiques peu brillantes du jour devraient inciter la RBA à réduire son taux directeur de 25 pb à 1.75%. Nous restons baissiers sur l'aussie.
Le menu du jour comprend les ventes de détail suisses, le PMI manufacturier Markit de l'UE et l'ISM américain.