Les Bourses européennes ont terminé en légère baisse mardi, pâtissant des mauvais chiffres de la croissance en Europe et ne se faisant guère d'illusions sur l'issue du sommet franco-allemand sur la gouvernance de la zone euro.
La principale information permettant aux places européennes de limiter leur perte était l'annonce par Fitch du maintien de la note maximale attribuée à la dette américaine. L'agence a maintenu son "AAA", assortie d'une perspective stable, prenant ainsi le contre-pied de l'agence Standard & Poor's.
A la clôture, Paris perdait 0,25%, Francfort 0,45%, Milan 0,87%, Madrid 0,4%, Lisbonne 1,47%. Seule la Bourse suisse gagnait 0,91% et celle de Londres 0,13%.
De l'autre côté de l'Atlantique, Wall Street perdait également du terrain: vers 15h30 GMT, L'indice Dow Jones perdait 0,53% et le Nasdaq 0,86%
Les Bourses européennes ont ainsi mis fin à une série de trois séances de hausse, après une dégringolade la semaine dernière.
Auparavant, les Bourses asiatiques s'étaient montrées hésitantes. Tokyo avait ainsi fini en légère hausse de 0,23% après une séance en dents de scie et Sydney en légère baisse de 0,86%. Séoul, fermée lundi, faisait figure d'exception en clôturant en forte hausse de 4,83%.
En Europe, les investisseurs ont été douchés par le ralentissement des croissances allemande et espagnole, communiqué avant l'ouverture des marchés.
Le produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne n'a augmenté que de 0,1% au deuxième trimestre par rapport au premier, soit un coup de frein plus brutal que prévu. Quant au PIB espagnol, il a ralenti au deuxième trimestre, à 0,2% contre 0,3% au premier.
L'estimation du PIB de la zone euro, en hausse seulement de 0,2% au deuxième trimestre, à lui aussi déçu.
Les marchés n'étaient guère plus emballés par la rencontre entre la chancelière allemande et le président français, qui a commencé à 16H00 (14H00 GMT) au Palais de l'Elysée à Paris.
"Les marchés attendent un signe très fort: y a-t-il un pilote dans l'avion pour gouverner la zone euro ? Va t-on enfin parler d'une même voix au sein du couple franco-allemand et cesser d'entretenir la cacophonie qui perdure depuis de longs mois et affolent les investisseurs ?", résumait un analyste parisien sous couvert d'anonymat.
Mais les déclarations de Paris comme de Berlin lundi ne laissaient guère de place à un optimisme débridé.
"Il ne faut rien attendre de spectaculaire", a ainsi averti un porte-parole de la chancelière, précisant notamment que la possible création d'euro-obligations "ne jouera aucun rôle" lors de la rencontre.
Des députés de son parti (CDU) lèvent néanmoins mardi dans le quotidien Handelsblatt le tabou des euro-obligations, dont, officiellement, Berlin ne veut pas entendre parler.
Lors de ce sommet, il s'agira essentiellement de poursuivre les discussions sur la gouvernance de la zone euro, dans la foulée des décisions prises par les chefs d'Etat et de gouvernement européens fin juillet.
Signe des inquiétudes sur l'issue de la réunion, l'euro reculait mardi, repassant sous la barre de 1,44 dollar, et l'or, valeur refuge, était en hausse à 1.779 dollars l'once contre 1.744,00 dollars lundi soir.