PARIS (Reuters) - Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré jeudi qu'il n'y avait pas lieu, à l'heure actuelle, de suspendre en France l'utilisation du vaccin contre le COVID-19 développé par AstraZeneca (LON:AZN), contrairement à la décision prise dans la journée par certains pays européens.
Au cours d'une conférence de presse hebdomadaire sur la situation sanitaire, Olivier Véran a souligné que, sur cinq millions d'Européens ayant reçu ce vaccin, "30 personnes ont présenté des troubles de la coagulation", ce qui ne constitue pas un "sur-risque statistique".
"Le bénéfice apporté par la vaccination est donc jugé supérieur au risque à ce stade", a-t-il dit.
Le ministre de la Santé a déclaré que le gouvernement prendrait néanmoins des décisions "si la situation devait évoluer".
"Il n'y a pas lieu de suspendre la vaccination" à ce stade, a-t-il poursuivi, citant les recommandations de l'Agence nationale de sécurité du médicament et de l'Agence européenne des médicaments.
Trois pays européens - Danemark, Norvège et Islande - ont annoncé jeudi qu'ils suspendaient l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca après des troubles de la coagulation signalés parmi des personnes vaccinées.
L'Italie a pour sa part interdit l'utilisation d'un lot, qui, selon Olivier Véran, n'est pas utilisé en France.
Le ministre de la Santé a en outre reproché à AstraZeneca de réduire "semaine après semaine" ses livraisons de vaccin à l'Union européenne, ce qui pourrait remettre en cause le calendrier de vaccination établi pour l'instant.
(Bertrand Boucey et Jean Terzian)