Dollar australien, réal brésilien, livre turque: rebond des devises étrangères face à l'euro
Livre turque, réal brésilien, dollar australien et américain…, ce sont pour ainsi dire l’ensemble des devises mondiales qui rebondissent face à l’euro depuis quelques jours.
D’une manière générale, l’euro n'a pas résisté aux propos du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, au sortir de la réunion de l'Institution monétaire le 22 octobre dernier.
Mario Draghi a clairement laissé entendre que l'Institution pourrait renforcer son arsenal lors de sa prochaine réunion de décembre, en vue de soutenir la croissance et de lutter contre le risque déflationniste au sein de la zone euro.
Selon les observateurs, la BCE pourrait porter à 80 milliards contre 60 milliards actuellement ses rachats mensuels de dettes publiques et privées. L’objectif étant de relancer le crédit et l’activité à travers un nouveau recul des taux. En augmentant la quantité d’euros en circulation, la BCE espère aussi faire baisser le cours de l'euro, soutenant au passage les exportateurs européens.
Dollar australien : +4%
Depuis le discours de Mario Draghi, le dollar australien a repris près de 4% face à la monnaie unique pour se traiter ce mercredi matin à 1,51 dollar AUD pour 1 euro.
En parallèle, le dollar « kangourou » comme le surnomment familièrement les cambistes a pu compter sur l'intervention de Glenn Stevens, gouverneur de la RBA, qui a signalé hier que les prévisions de l’économie australienne s’étaient légèrement améliorées ces derniers mois. Profitant de l’absence de nouvelles mesures accommodantes, la devise est ressortie plus fort de cette intervention, malgré un consensus important anticipant une baisse des taux en décembre.
Les investisseurs qui tablent sur un rebond prolongé de la devise australienne pourront trouver plusieurs idées d’investissement dans notre sélection d’obligations. Parmi d'autres, épinglons l’obligation de la Rabobank (3,375% - 2020) qui se traite actuellement à 101% du nominal et dont le rendement annuel s’affiche à 3,13%. La coupure est fixée à 2.000 dollars avec un rating « A+ » chez Standard & Poor’s.
Livre turque : +6%
La livre turque a progressé pour sa part de 6% depuis le 22 octobre, soutenue également par les résultats des élections législatives de ce dimanche. Un rebond bienvenu pour la devise qui abandonnait jusqu’à lors plus de 10% depuis le 1er janvier face à la monnaie unique, conséquence du ralentissement de la croissance, d'une forte inflation et d'un déficit public important. Ce mercredi matin, la monnaie turque se traite à 3,10 livres pour un euro.
Sur le marché secondaire, l’obligation EIB (9,125% - 2020) libellée en TRY propose un rendement annuel de 9,91% sur base d’un cours de 97% du nominal. La coupure est fixée à 1.000 livres. Compte tenu de son statut d’émetteur supranational, la EIB bénéficie du meilleur rating possible (« AAA ») auprès des trois agences de notation que sont Fitch, Moody's et Standard & Poor's. Avec cette obligation, le risque est donc quasi exclusivement reporté sur la devise.
Réal brésilien : +8%
Le réal brésilien, mis à mal par une économie entrée en récession au deuxième trimestre, a repris de son côté près de 8% pour se traiter actuellement à 4,11 réals pour un euro. Depuis le 1er janvier, le réal abandonne malgré tout plus de 20%.
Sur le marché secondaire, l’obligation notée « AAA » de la banque publique allemand KfW, remboursable en 2017 et assortie d’un coupon fixe de 10,50%, est disponible à l’achat sous le pair à un cours de 96,50% du nominal. Son rendement annuel jusqu’à l’échéance est porté à plus de 12% (coupure de 5.000 réals brésilien).
Dollar américain : +4%
Enfin, le dollar a repris pour sa part près de 4% pour se traiter à 1,093 dollar pour un euro. Le billet vert peut également compter sur la perspective de voir la Banque centrale américain remonter ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion de décembre.
Au niveau des émissions récentes en dollars, le géant informatique américain Microsoft (O:MSFT) a réalisé jeudi dernier la plus grosse émission obligataire de son histoire. Il s’agissait d’une émission multi-tranche, avec en autres, une obligation remboursable dans dix ans (3,125% - 2025) par coupures de 2.000 dollars. Microsoft est l’une des trois entreprises non-financières qui dispose encore d‘un rating « AAA », la meilleure note attribuée par les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s.